«On ne penserait pas à apprendre à piloter un F-18 en suivant un cours par Internet, mais combien se transforment en médecin sur Internet?», dit Michel Bellemare, porte-parole des Sceptiques du Québec dans la capitale.
«Internet favorise l'automédication, ce qui pousse davantage de gens vers les produits de santé alternatifs, dont plusieurs font l'objet d'un matraquage publicitaire. Les produits de santé naturels ont du bon quant à la prévention, car ils s'accompagnent souvent de conseils sur les bonnes habitudes de vie, mais il est difficile de faire la part des choses», note M. Bellemare, qui a une formation en biologie médicale et travaille comme technicien de laboratoire.
Un confrère sceptique a envoyé la même lettre à divers thérapeutes alternatifs, disant que sa femme venait de recevoir un diagnostic de cancer du sein. Si elle était opérée, elle avait de bonnes chances de guérir, mais elle voudrait éviter la chirurgie. Il s'avère que 90% des thérapeutes ont prétendu que oui, ils pouvaient la guérir, relate-t-il.
Thérapies à gogo
On devrait retenir une chose essentielle: si une thérapie n'a pas fait l'objet d'une mise à jour des connaissances, si on ne la remet jamais en question, elle est basée sur des croyances. Par exemple, en médecine moderne, on s'est rendu compte que les ulcères gastriques ne sont pas causés par le stress, mais par des bactéries, dit-il.
«Il y a des produits de santé naturels et des pratiques alternatives qui se basent davantage sur des témoignages que sur des études scientifiques fiables. La plupart des malades finissent par guérir à un moment donné. Ainsi, des gens vont prendre un produit homéopathique pour soulager une grippe, dont ils guériront de toute façon. Internet offre le meilleur comme le pire, ce qui favorise l'éclosion de thérapies plus ou moins à gogo. C'est un moindre mal, lorsqu'on n'est pas malade...»
Pharmaciens
«Certains pharmaciens sont des professionnels de la santé, beaucoup sont des marchands. Leur organisme de contrôle a d'énormes difficultés à faire le ménage dans ses rangs. L'Ordre des pharmaciens devrait statuer pour que tous les produits de santé qui n'ont pas été testés selon des protocoles scientifiques reconnues n'entrent pas dans les pharmacies», considère M. Bellemare.
Ce n'est par ailleurs pas un hasard si un produit X est mis en valeur dans les rayons. Les pharmaciens propriétaires négocient leur marge de profit et la position du produit dans les rayons, confirme le PDG d'Ovos santé naturelle, Gary Schmid, qui commercialise le Vivimind.