Montréal est l’une des capitales mondiales de la
conception de jeux vidéo parce qu’elle regorge de
talents créatifs et de bonnes écoles pour les former.
C’est tellement vrai que la métropole fait des petits
un peu partout au monde maintenant, dont en
France où un Québécois impressionne beaucoup
de monde.
Un personnage virtuel animé par la technique de captation des mouvements, maîtrisée et dévelop- pée par Frédéric
Gaudette.
© Photo courtoisie Frédéric Gaudette
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Frédéric Gaudette, 35 ans, est l’un de ceux qui font
rayonner le génie créatif du Québec à l’étranger.
Depuis cinq ans maintenant, il est propriétaire de sa
propre entreprise d’animation de graphisme en trois
dimensions en France, où il emploie cinq personnes et
de nombreux pigistes.
L’an dernier, il est devenu le premier Québécois
consacré «meilleur ouvrier de France», le premier
dans la nouvelle catégorie «Imagerie numérique». Ce
concours se tient tous les trois ans en France, depuis
1924. Les candidats de plus de 200 métiers sont ainsi honorés, du chocolatier au cristallier.
Au lendemain de sa nomination, comme le veut la
tradition, Frédéric Gaudette a été reçu à l'Élysée par le
président Nicolas Sarkozy.
Le meilleur investissement de sa vie
Frédéric Gaudet détient un baccalauréat en design
industriel de l’Université de Montréal. Il s’est réorienté
en graphisme lors d’une formation en animation 3D
spécialisée en cinéma et télévision, au Centre national
d'animation et de design (CentreNAD) de Montréal.
Cette formation privée coûte plutôt cher, environ
16 000$. Mais, dit-il, c’est devenu le meilleur investissement
de sa vie.
«C’est un super move qu’on a fait, moi et mon frère.
C’est un point de départ, mais un excellent point de départ.»
Son frère Stéphane, 36 ans, a aussi suivi cette formation,
en effet.
Architecte devenu concepteur de jeux vidéo, il a pour
sa part travaillé un peu partout aux États-Unis, pour les
plus grandes entreprises dans le domaine, dont Valve.
Il travaille toujours, aujourd’hui, pour cette firme
américaine, mais à partir de son domicile, dans la région
de Montréal.
Après Le JourNul de Pérusse
Frédéric Gaudet est spécialiste des mouvements animés.
Il place des capteurs sur des acteurs et reproduit les
mouvements sur des personnages qu’il crée virtuellement
sur ordinateur, en trois dimensions.
À 26 ans, il était directeur de la capture de mouvements
et des effets spéciaux de l'émission satirique Le
JourNul de François Pérusse.
On se souviendra de ces courtes animations de l’humoriste
parodiant un animateur de nouvelles plutôt
nul, en effet, diffusées à TVA.
Là où il travaillait à Montréal, un client l’a convaincu
d’aller en France avec lui pour faire de la captation
de mouvement.
Quatre ans après son arrivée là-bas, Frédéric fonde Novamotion, sa propre société de production 3D, à Seynod-Annecy, ville près de la Suisse, renommée pour son lac superbe et son Festival international du film d'animation.
Il vient de se marier à une Française et veut fonder
une famille... peut-être au Québec.
Son rêve: un grand spectacle sur le Québec
Frédéric Gaudette aimerait bien
revenir vivre au Québec un jour,
quitte à gérer son entreprise à distance,
mais il n’a pas terminé ce
qu’il veut accomplir là-bas.
«J’aimerais créer ici un grand
spectacle d’animation, projeté sur
plusieurs écrans en même temps,
avec des personnages en trois dimensions
projetés en hologramme qui
raconteraient une histoire du Québec.»
La Micheline revit virtuellement
«Si je réussis ça, après je vais m’en
retourner à la maison tranquille...»
Entre-temps, il continue ses projets
là-bas.
Il vient d’ailleurs d’en terminer
un, peu banal, pour le musée Michelin,
où il a, en quelque sorte, redonné
vie à un autorail léger sur pneus,
inventé par le célèbre André Michelin.
Frédéric Gaudette raconte l’histoire:
«Lors d’un voyage inconfortable,
André Michelin a imaginé le
tout premier train à pneus, car il
était gêné par le bruit des roues sur
les rails. Brevetée en 1929, la Micheline,
fabriquée à 11 exemplaires, pouvait
accueillir 24 passagers.»
C’est pour raviver l’intérieur de
cette légendaire Micheline qu’on a
retenu ses services.
Le film d’animation est projeté simultanément
sur six écrans positionnés
à chaque fenêtre de la Micheline.
Grâce à sa technique de capture
de mouvements, il a créé des
personnages virtuels de l’époque,
comme un musicien, un chef de gare,
un photographe et un dormeur.
Quelques-unes des réalisations 3D
de Frédéric Gaudette sont disponibles
sur Youtube