Le jeu Didi et Ditto Prématernelle, destiné
aux jeunes de deux à quatre ans, a
été lancé il y a un mois par l’entreprise
québécoise Kutoka.
Le logiciel vise à développer les capacités
des jeunes à l’ordinateur tout en apprenant.
Des groupes de lutte contre
l’obésité se questionnent toutefois sur le
danger d’initier aussi tôt des enfants aux
jeux virtuels.
«Tous les chercheurs ont trouvé un
lien entre la diminution de l’activité physique
et l’écran», affirme Suzie Pellerin,
directrice de la Coalition québécoise sur
la problématique du poids.
«Le message que j’ai envie de dire aux
parents c’est: Allez jouer dehors. Les enfants
trouveront bien le temps d’apprendre
à jouer sur l’ordinateur», dit-elle.
Annie Dagenais, directrice de l’organisme
ÉquiLibre, abonde dans le même
sens. «Ce qui est inquiétant, c’est que
pendant que les jeunes s’amusent avec
les jeux vidéo, ils ne sont pas à l’extérieur
à jouer», pense la nutritionniste.
Demande des parents
La présidente de l’entreprise à l’origine
du jeu vidéo assure que son nouveau
produit répond à une demande.
«Ça faisait déjà plusieurs années que
les parents nous demandaient des jeux
pour les enfants plus jeunes. On se fait
même demander des jeux pour les moins
de deux ans», explique Tanya Claessens,
présidente de la compagnie.
«Il y a toujours des gens pour dire que
les enfants sont trop jeunes. Mais est-ce
qu’on doit aussi les empêcher d’écouter
la télé et la radio?», questionne-t-elle.
Le dosage
Mario Asselin, ex-directeur d’école et
spécialiste des technologies de l’information,
est d’avis que ce genre de jeu éducatif
n’a rien de nocif pour les jeunes.
«C’est une bonne chose pour les enfants.
L’important, c’est de trouver une
façon de les stimuler», affirme le directeur
général de l’entreprise Opposum.
«Le problème, ce n’est pas que les
jeunes aient accès à ça. C’est qu’ils aient
accès juste à ça. C’est comme de laisser
un enfant à longueur de journée dans son
parc, ce n’est pas mieux», illustre-t-il.
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LES JEUNES, LES JEUX ET L’OBÉSITÉ
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- 26% est la proportion
d’enfants et d’adolescents canadiens
de 2 à 17 ans faisant de
l’embonpoint ou étant
obèses en 2004.
- C’est une hausse
d’environ 70%
comparativement à
1978-1979.
- L’accroissement a été
particulièrement marqué
chez les adolescents de
12 à 17 ans. Dans ce
groupe d’âge, le taux
combiné d’embonpoint et
d’obésité a plus que
doublé, passant de 14%
à 29%, alors que le taux
d’obésité a triplé, passant
de 3% à 9%.
- 59% des enfants et des
adolescents canadiens
consommaient des fruits
et des légumes moins de
cinq fois par jour.
- Chez les enfants de 6 à
11 ans et les adolescents
de 12 à 17 ans, la
probabilité de faire de
l’embonpoint ou d’être
obèse a tendance à
augmenter parallèlement
au temps passé à
regarder la télévision, à
jouer à des jeux vidéo ou
à utiliser un ordinateur.
- Les enfants de 6 ans et
moins passent en
moyenne deux heures par
jour devant un écran, soit
environ le même temps
qu’ils passent à jouer à
l’extérieur.
- Près de la moitié des
enfants de 6 ans et moins
ont utilisé un ordinateur,
et à peine moins du tiers
a joué à des jeux vidéo.