Un jeu vidéo pour les enfants de deux ans

 Didi et Ditto Prématernelle - Un jeu vidéo pour les enfants de deux ans

© JdM / Benoit Pelosse

Jean-Philippe Pineault

Le jeu Didi et Ditto Prématernelle, destiné aux jeunes de deux à quatre ans, a été lancé il y a un mois par l’entreprise québécoise Kutoka.

Le logiciel vise à développer les capacités des jeunes à l’ordinateur tout en apprenant. Des groupes de lutte contre l’obésité se questionnent toutefois sur le danger d’initier aussi tôt des enfants aux jeux virtuels.

«Tous les chercheurs ont trouvé un lien entre la diminution de l’activité physique et l’écran», affirme Suzie Pellerin, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids.

«Le message que j’ai envie de dire aux parents c’est: Allez jouer dehors. Les enfants trouveront bien le temps d’apprendre à jouer sur l’ordinateur», dit-elle.

Annie Dagenais, directrice de l’organisme ÉquiLibre, abonde dans le même sens. «Ce qui est inquiétant, c’est que pendant que les jeunes s’amusent avec les jeux vidéo, ils ne sont pas à l’extérieur à jouer», pense la nutritionniste.

Demande des parents

La présidente de l’entreprise à l’origine du jeu vidéo assure que son nouveau produit répond à une demande.

«Ça faisait déjà plusieurs années que les parents nous demandaient des jeux pour les enfants plus jeunes. On se fait même demander des jeux pour les moins de deux ans», explique Tanya Claessens, présidente de la compagnie.

«Il y a toujours des gens pour dire que les enfants sont trop jeunes. Mais est-ce qu’on doit aussi les empêcher d’écouter la télé et la radio?», questionne-t-elle.

Le dosage

Mario Asselin, ex-directeur d’école et spécialiste des technologies de l’information, est d’avis que ce genre de jeu éducatif n’a rien de nocif pour les jeunes.

«C’est une bonne chose pour les enfants. L’important, c’est de trouver une façon de les stimuler», affirme le directeur général de l’entreprise Opposum.

«Le problème, ce n’est pas que les jeunes aient accès à ça. C’est qu’ils aient accès juste à ça. C’est comme de laisser un enfant à longueur de journée dans son parc, ce n’est pas mieux», illustre-t-il.

LES JEUNES, LES JEUX ET L’OBÉSITÉ
  • 26% est la proportion d’enfants et d’adolescents canadiens de 2 à 17 ans faisant de l’embonpoint ou étant obèses en 2004.

  • C’est une hausse d’environ 70% comparativement à 1978-1979.

  • L’accroissement a été particulièrement marqué chez les adolescents de 12 à 17 ans. Dans ce groupe d’âge, le taux combiné d’embonpoint et d’obésité a plus que doublé, passant de 14% à 29%, alors que le taux d’obésité a triplé, passant de 3% à 9%.

  • 59% des enfants et des adolescents canadiens consommaient des fruits et des légumes moins de cinq fois par jour.

  • Chez les enfants de 6 à 11 ans et les adolescents de 12 à 17 ans, la probabilité de faire de l’embonpoint ou d’être obèse a tendance à augmenter parallèlement au temps passé à regarder la télévision, à jouer à des jeux vidéo ou à utiliser un ordinateur.

  • Les enfants de 6 ans et moins passent en moyenne deux heures par jour devant un écran, soit environ le même temps qu’ils passent à jouer à l’extérieur.

  • Près de la moitié des enfants de 6 ans et moins ont utilisé un ordinateur, et à peine moins du tiers a joué à des jeux vidéo.

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