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Sécurité informatique

Le Québec sans Internet: pire que la crise du verglas

Canoë 
Mathieu Bruckmüller
07/11/2008 15h20 

Sécurité informatique - Le Québec sans Internet: pire que la crise du verglas
 
© Corbis

Farfelu, la planète privée d'Internet? Peut-être pas. En effet, en 2002 et en 2007, deux importantes attaques ont visé certains des 13 ordinateurs, le cœur de la Toile, qui gèrent le trafic du Web.

Malgré de légers impacts, le réseau a tenu bon. Pour autant, il ne faut pas balayer du revers de la main la possibilité qu'à l'avenir, sous le coup d'une nouvelle offensive, le monde entier se retrouve sans Internet, assure José Fernandez, professeur au département de génie informatique et de génie logiciel à l'École Polytechnique de Montréal.

«Il serait d'ailleurs plus facile d'arrêter Internet au complet que de vouloir juste en priver le Québec», poursuit-il.

Selon le spécialiste, un tel scénario aurait un impact très important sur notre société. En effet, il faudrait plusieurs jours, voire près de trois semaines avant qu’Internet puisse être réactivé. Chose rassurante, il ne lui semble pas possible qu'Internet puisse être mis hors d'état de marche à tout jamais.

Pour Benoît Gagnon, chercheur associé à la Chaire du Canada en sécurité, identité et technologie, le Québec pourrait vivre une situation de crise bien pire que lors du grand verglas.

«Il y a crise quand il existe une perte de confiance dans les systèmes, or en 1998, la population avait relativement confiance dans le gouvernement. Le verglas était lié à une situation climatique et on ne pouvait pas faire grand-chose contre. En revanche, si Internet plante, les gens vont se questionner sur notre grande dépendance aux systèmes informatiques et sur la protection qui n'est pas adéquate», entrevoit-il.

Que se passerait-il?

Car, dans ce contexte, il faut s'attendre à un grand ralentissement dans les organisations de santé, à de sérieux problèmes de communication entre les forces de l'ordre, sans compter des problèmes d'approvisionnement en eau et en électricité. En effet, de nombreuses infrastructures critiques sont de plus en plus contrôlées par Internet.

Dans nos sociétés de plus en plus dépendantes de la Toile, «il est clair que l'impact sera plus important ici que dans un pays comme le Burundi», lance José Fernandez.

Il estime, en outre, que le gouvernement pourrait même devoir décréter l'état d'urgence.

Dans tous les cas, l'économie serait durement affectée. Nous sommes tellement dépendants d'Internet dans nos échanges à l'intérieur des organisations et dans tous les aspects transactionnels», dit Marcel Labelle, associé responsable du service sécurité et confidentialité de l'information chez Samson Bélair/Deloitte & Touche.

Par exemple, «de plus en plus, les entreprises utilisent des réseaux virtuels sécurisés via Internet qui permettent une communication sécuritaire entre différents points de la société», illustre Nicolas Guay, directeur de pratiques en paiement électronique chez GFI Solutions

Advenant un tel scénario, il ne serait pas étonnant alors que 30 à 40% des gens ne puissent plus aller travailler, le temps de rétablir Internet, calcule rapidement José Fernandez.








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