Une brèche dans la sécurité du programme d'Adobe servant à distribuer du contenu télévisuel et cinématographique en ligne donne aux utilisateurs la possibilité d’enregistrer et de copier librement du contenu à partir du service de diffusion vidéo en continu d'Amazon.
La faille se situe dans les serveurs vidéo Flash d’Adobe qui se connectent aux programmes de lecture de la compagnie, installés sur presque tous les ordinateurs de la planète ayant un accès en ligne.
Le logiciel serveur d’Adobe ne chiffre pas le contenu en ligne, mais seulement les commandes envoyées à un lecteur comme le départ et l’arrêt de la lecture. Afin d’accélérer les vitesses de téléchargement, Adobe a abandonné une robuste fonction de sécurité qui protège la connexion entre le logiciel serveur d’Adobe et ses lecteurs clients.
Selon un porte-parole du service Video On Demand d’Amazon, qui propose quelque 40 000 films et émissions de télé sur son site Web, le contenu ne peut être piraté à l’aide d’un logiciel de saisie de vidéo en continu.
Toutefois, lors de tests effectués par l’agence Reuters, un programme d’enregistrement de vidéo en ligne, Replay Media Catcher d’Applian Technologies, a pu enregistrer des films à partir du service d’Amazon et d’autres sites utilisant la technologie de chiffrement d’Adobe de pair avec la vérification des programmes de lecture vidéo.
«La diffusion en continu d’Adobe n’est pas vraiment chiffrée», de dire le PDG d’Applian, Bill Dettering. «L’architecture de leur programme est déficiente puisque les internautes peuvent capter la diffusion en continu. Je m’attends à ce que la firme offre sous peu un produit beaucoup plus robuste sur ce plan.»
Le service Video On Demand d’Amazon.com, soutenu par la technologie d’Adobe, permet aux internautes de visionner gratuitement les deux premières minutes d’un film ou d’une émission de télé. L’internaute est ensuite facturé un maximum de 3,99$ pour la location d’un film durant 24 heures ou jusqu’à 14,99$ pour le télécharger et le conserver de façon permanente.
Amazon débute la diffusion complète d’un film lors du prévisionnement – même si la lecture est stoppée sur le navigateur Web après les deux premières minutes – pour permettre à l’utilisateur de poursuivre la lecture de la vidéo immédiatement après avoir payé. «C’est le compromis traditionnel, où il s’agit d’équilibrer d’un côté, l’aspect pratique et de l’autre, la sécurité», d’expliquer Ray Valdes, analyste chez Gartner. Le hic dans cette façon de faire d’Adobe, c’est que même si l’internaute ne paie pas, la diffusion en continu se poursuit vers le logiciel de saisie vidéo, quoique pas vers le navigateur Web. Il suffit donc de savoir comment s’y prendre pour obtenir le contenu sans frais.