Les pirates pourraient être extradés

Jean-François Codère

© JdeM / Donald Courchesne
Le capitaine Frédérick Gaudreau, responsable de la coordination des enquêtes sur les délits informatiques, à la SQ, devant certains des ordinateurs saisis.

Les 17 jeunes pirates informatiques arrêtés aux quatre coins de la province par la Sûreté du Québec cette semaine ne sont pas au bout de leurs peines. De nombreux pays, dont les États-Unis, s'intéressent à leur cas et pourraient demander leur extradition pour les accuser.

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«Nos voisins du Sud sont très intéressés, tout comme nos collègues canadiens», indique le capitaine Frédérick Gaudreau, responsable de la coordination des enquêtes sur les délits informatiques, à la SQ.

Selon les policiers québécois, la bande de pirates aurait infecté des ordinateurs dans une centaine de pays, tous éventuellement susceptibles de porter des accusations contre eux.

«Ils s'exposent à des accusations ailleurs, c'est sûr, affirme M. Gaudreau. De notre côté, nous avons envoyé des signalements à plusieurs corps de police avec les caractéristiques des attaques que pouvait lancer ce réseau.»

Enquête de niveau international

S'ils reconnaissent dans la description acheminée par la SQ les symptômes d'attaques non élucidées sur leur territoire, ces corps policiers sauront à quelle porte frapper. «Je pense à la Pologne, entre autres, où ils ont infecté plus de 39 000 ordinateurs. Si les Polonais viennent nous voir, nous allons partager nos informations.»

Cette enquête, qui portait le nom Basique, est la plus importante de l'histoire de la SQ en ce qui concerne la cybercriminalité.

«C'est aussi la plus importante au Québec, au Canada et peut-être même dans le monde, avance M. Gaudreau. À ma connaissance, 17 personnes arrêtées comme cela en même temps, c'est du jamais vu. C'est un réseau qui avait vraiment un impact.»

Des pirates prudents

Bien souvent, c'est en se vantant de leurs exploits dans des forums de discussion ou des salles de clavardage que les pirates informatiques attirent l'attention des policiers. Ce ne fut apparemment pas le cas ici. «On peut dire que c'était des gens prudents», juge M. Gaudreau.

Malheureusement pour eux, ce ne fut pas suffisant. Tous les crimes laissent des traces sur Internet.

«On n'en vient pas du jour au lendemain à contrôler des réseaux regroupant quelques milliers d'ordinateurs. On s'informe. On va dans des forums de discussions et on pose des questions. Et on garde toujours le même surnom, parce que c'est ce qui permet de monter dans la hiérarchie.»

Les policiers ont eux aussi été discrets de leur côté. «Rien ne leur laissait penser que nous allions débarquer, ils ne s'attendaient pas du tout à voir la police débarquer chez eux.»


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