La mortalité des abeilles serait due aux traitements chimiques

Deux chercheurs français soulèvent une hypothèse - La mortalité des abeilles serait due aux traitements chimiques

Selon deux chercheurs français, la mortalité des abeilles dans le monde pourrait être causée par des insecticides que les apiculteurs utilisent.

Virginie Roy

Deux chercheurs français ont découvert que la mortalité des abeilles, constatée à travers le monde depuis plusieurs années, pourrait être due aux traitements chimiques effectués dans les ruches par les apiculteurs eux-mêmes.

Marie-Pierre Chauzat et Jean-Paul Faucon, deux scientifiques de l’Agence de sécurité sanitaire des aliments de France, ont mené leur étude en 2002 et en 2003 dans des ruchers de cinq départements, ce qui représente en tout 125 colonies d’abeilles.

Insecticides
Leur enquête a révélé la présence d’insecticides que les apiculteurs ont déposés dans la ruche pour traiter leurs abeilles contre le varroa, un redoutable parasite introduit en Europe au début des années 1980 avec le commerce des reines. Ainsi, cet acarien de la taille d’un grain de sable s’accrocherait sur les larves ou les adultes et leur pomperait la lymphe, provoquant de nombreuses mortalités et une diminution de la production de miel.

En France, ce n’est pas la première fois que des chercheurs tentent d’expliquer la mortalité des abeilles à travers le monde. Les apiculteurs avaient ainsi incriminé deux insecticides, le Gaucho et le Régent. Après une longue polémique, ils ont obtenu gain de cause et la France a interdit ces deux produits.

Cires contaminées
L’enquête de Marie-Pierre Chauzat et de Jean-Paul Faucon a noté la présence de cires contaminées par des résidus de pesticides du Gaucho et du Régent, mais les chercheurs ont aussi découvert la présence d’autres pesticides nocifs.

« Même si les concentrations de pesticides dans les cires ne sont pas mortelles, elles peuvent suffire à rendre les abeilles plus sensibles à des changements dans leur environnement, comme des maladies par exemple », explique Freddie-Jeanne Richard, de l’Université de la Caroline du Nord aux États-Unis.

« La reine, qui passe sa vie entière à l’intérieur de la ruche pour pondre pourrait aussi être affectée », ajoute Yves Le Conte, de l’Inra en Avignon, précisant que la durée de vie moyenne des reines est aujourd’hui de trois ans au lieu de cinq ans avant la venue du varroa.

La cire, unique matériau de construction des alvéoles, constitue l’environnement permanent dans lequel évoluent les colonies d’abeilles. Elle est secrétée au tout début du printemps par des glandes situées au niveau de l’abdomen. À cette période de l’année, les abeilles cireuses sont reconnaissables par leur blancheur.


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