Les enseignants victimes d'intimidation en hausse

Internet | Ontario - Les enseignants victimes d'intimidation en hausse

Jean-Philippe Pineault
Le Journal de Montréal

L'intimidation sur Internet est devenue un vrai calvaire pour les enseignants ontariens qui sont la cible quotidienne de leurs étudiants, qui profitent de blogues ou de sites Internet pour les insulter.

C'est ce que révèle un sondage COMPAS effectué pour le compte de l'Ordre des enseignants de l'Ontario. Les résultats obtenus sont inquiétants: 84% des profs affirment avoir déjà vécu de l'intimidation cybernétique. Cette proportion grimpe à 93% chez les enseignants francophones.

Mauvais goût vestimentaire, critiques sur leur façon d'enseigner ou d'attribuer les notes... les étudiants sont cinglants. Des jeunes vont même jusqu'à profiter de l'anonymat qu'offre le Web pour menacer leurs profs d'agression physique.

Les deux véhicules préférés des ados et des enfants demeurent les courriels anonymes et les blogues, par lesquels ils ne se gênent pour émettre leurs commentaires peu flatteurs.

L'autre grand constat du sondage est que les enseignants ne savent pas trop quoi faire avec ce type de menaces. Moins d'un professeur sur deux, soit 43%, estime que tous ces dossiers devraient être rapportés à la police. Cette proportion est de 28 % pour les répondants francophones.

Au Québec

Les spécialistes au Québec ne nient pas que le phénomène existe également ici, mais doutent qu'il soit aussi répandu qu'en Ontario.

«Je ne peux pas dire que ça n'existe pas ici, mais ça ne me semble pas problématique», affirme Nathalie Morel, présidente de l'Alliance des professeurs de Montréal.

Même son de cloche du côté du professeur Denis Jeffrey, dont les recherches indiquent que seulement 4 % des enseignants disent avoir subi du harcèlement par courrier électronique.

Le professeur Jacques Lajoie, de l'UQAM, estime que les jeunes peuvent être tentés d'insulter leurs profs par le moyen des sites Internet qui offrent un certain anonymat.

«Mais à mon avis, j'ai l'impression que c'est moindre au Québec», dit-il.

Le sondage a été mené pour le compte de l'Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario. Il comprend une marge d'erreur de 3,1 pour cent pour l'ensemble des répondants, contre 6,2 pour cent uniquement pour les francophones.


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