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World Cyber Games

Nuit blanche à venir pour les joueurs québécois

Canoë  Geneviève Riel-Roberge
29/07/2007 11h38 

World Cyber Games - Nuit blanche à venir pour les joueurs québécois
Quelques joueurs, dont Catherine Leroux, unique représentante de la gent féminine lors de ces qualifications. 
© Photo Canoë/Geneviève Riel-Roberge

QUÉBEC - Yeux rivés à leur écran «d’ordi», une quinzaine de «disciples» des jeux d’ordinateur en réseau mode Counter Strike ont, à n’en pas douter, embrassé la «religion»… cathodique. Du moins le temps d’une nuit, en pleines qualifications québécoises des World Cyber Games (WCG), qui avaient lieu pour la deuxième année consécutive au Cybar-Café ce samedi 28 juillet. Fin prévue pour le jeu Half Life? Pas avant… le lendemain matin.

«Chaque jour, 25 millions de personnes sont branchées en réseau à Counter Strike à travers le monde, dit Karl Hébert, responsable du Cybar-Café. Les deux meilleures équipes mondiales sont constituées de Québécois et les dix meilleurs joueurs au monde sont aussi des Québécois. Les World Cyber Games, c’est l’équivalent des Olympiques des jeux d’ordinateur.»

Depuis 13 heures le samedi 28 juillet, ce sont trois équipes de cinq joueurs qui s’affrontent, endossant tantôt la peau de policiers, tantôt de… terroristes.

Half Life en bref

«C’est un vieux jeu first person shooter où deux équipes s’affrontent: la police et les terroristes, explique Karl Hébert. Les terroristes doivent installer des bombes à des endroits prédéterminés selon des cartes. Si les terroristes n’ont pas été éliminés, les policiers ont trente-cinq secondes pour enlever leurs bombes. L’autre mode de jeu possible est que les terroristes «couvrent» les otages. Les policiers doivent alors aller sauver les otages ou éliminer complètement les terroristes.»

Karl Hébert n’a lui-même pas fermé l’œil depuis plus d’une vingtaine d’heures, tenu en éveil par toute l’adrénaline que génère le jeu.

Les joueurs sont de plus équipés de casques d’écoute avec micro intégré avec lequel ils échangent des informations sur la stratégie à adopter, de vive voix ou en utilisant des «textos». Ils n’ont le droit d’amener que clavier, souris et casque d’écoute, ne doivent plus communiquer avec d’autres joueurs lorsqu’ils sont «morts» et ne peuvent pirater le jeu de façon à apercevoir les ennemis à l’avance, entre autres.

Vigilance requise

Pour bon nombre de joueurs, ce jeu n’est d’ailleurs plus uniquement une distraction. «C’est extrêmement exigeant sur le mental. Certains pensent que c’est facile, les jeux vidéo, mais quand tu joues avec de grosses sommes d’argent en jeu, c’est un autre monde», précise l’amateur, qui a lui-même découvert Half Life il y a huit ans.

Et quel est le truc pour ne pas s’endormir devant son écran après plusieurs heures de jeu sans sommeil? «Le truc, c’est juste de sortir dehors une couple de fois, les «énergie drink», ça aide beaucoup, le Gatorade, être en forme et bien dormir, et c’est correct» commente Dominic Thibault, joueur. «J’ai une vie, je ne suis pas un compulsif des jeux non plus» précise-t-il.

Même chose pour Catherine Leroux, 17 ans, de Montréal. «Je joue au soccer aussi, et comme toutes les filles, j’aime magasiner. Je ne suis pas une extraterrestre parce que j’aime les jeux vidéo», souligne celle dont la sœur l’a initiée à ce divertissement et qui s’y adonne depuis près de quatre ans. Seule fille présente aux qualifications, elle dit espérer les remporter mais ne pas avoir pensé à sa victoire à long terme.

Moins de participants que l’an dernier

«Je ne sais pas trop ce qui s’est passé cette année, mais on est de 150 à 200 personnes de moins que l’an passé (spectateurs inclus). L’an dernier, c’était presque impossible de circuler dans le Cybar-Café, il y avait douze équipes au lieu de trois», indique Karl Hébert.

«C’est peut-être parce que les gens vont se qualifier à Montréal s’ils sont moins bons», ajoute-t-il, précisant que les Québécois sont au sommet pour les jeux vidéo et qu’il existe des «cyberathlètes» qui vivent des gains qu’ils cumulent en remportant diverses compétitions. «Le champion planétaire du Warcraft 3 est un client du Cybar-Café et le champion mondial de Starcraft est un Québécois».

Du jeu et non de la cyberdépendance

«Quand on entend dire que ce sont des cyberdépendants, j’ai le goût de dire: tu travailles quarante heures par semaine, es-tu dépendant? Y’a des gens qui sont sérieux là-dedans, l’équipe gagnante ce soir repartira avec 5 000 $, ils ont des commanditaires, appartiennent à des ligues, ce sont des cyberathlètes!», répond Karl à ceux qui seraient tentés de croire que ces «olympiques» du jeu constituent le repaire des cyberdépendants.

Il ajoute que tous les joueurs des qualifications actuelles sont sobres et déplore que ces jeux aient la réputation d’abrutir les gens ou de les rendre violents.

Que le meilleur gagne

D’après le site Internet des WCG (www.worldcybergames.ca), les meilleurs joueurs s’affronteront ensuite à Toronto, du 24 au 26 août lors de la finale canadienne, présentée par Samsung. Les gagnants des championnats canadiens représenteront ensuite le Canada lors de la finale mondiale à Seattle, aux États-Unis. La date exacte n’y est toutefois pas précisée.

«Le premier prix, quand tu te rends à Toronto, est 50 000 $ et le gagnant de la finale mondiale remportera 1 M $ 500 000 $», précise Karl. Le Canada est actuellement classé au septième rang parmi les 78 pays participant, toujours selon le site Internet des WCG.








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