INCONTOURNABLES

Défi J’arrête, j’y gagne !
Soumission belairdirect
PUB

Bulletin Techno

Apprenez les nouvelles dès qu'elles se produisent..


Adresse électronique :

Tous nos bulletins

Membres Canoe.ca


Phénomène du happy slapping

Le côté sombre des sites de partage de vidéos

Canoë 
D'après le International Herald Tribune
02/03/2007 10h55 

Phénomène du happy slapping - Le côté sombre des sites de partage de vidéos
Au nombre des mesures adoptées par d’autres gouvernements pour contrer le happy slapping, une loi passée la semaine dernière par le parlement français imposera aux personnes qui filment et publient de tels actes violents une responsabilité égale, en termes de culpabilité criminelle, à celle des personnes qui les commettent. 

La popularité croissante de la violence adolescente publiée en ligne sur des sites de partage de vidéos incite les gouvernements du monde entier à mettre en place des mesures fermes pour enrayer le phénomène. Notamment, les jeunes trouvés coupables de filmer ou de publier de tels actes en certains endroits seront dorénavant passibles d'amendes et de peines de prison sévères.

L’État de Victoria en Australia interdit depuis hier l’accès au site Web YouTube aux étudiants de son système scolaire. Le gouvernement a expliqué avoir agi ainsi suite à un clip publié récemment sur le site, montrant des étudiants en train de battre une jeune fille de 17 ans, en banlieue de Melbourne.

«Ces nouvelles formes de violence initient des discussions en Europe et partout dans le monde», a dit Thomas Jaeger, coordonnateur de Visionary, un portail Internet sur l’intimidation et la violence dans les écoles en Europe. «Nous ne faisons qu’entrevoir les problèmes créés par Internet et la façon de s’y prendre pour y faire face.»

Au nombre des mesures adoptées par d’autres gouvernements pour contrer le phénomène — connu sous le nom de happy slapping —, une loi passée la semaine dernière par le parlement français imposera aux personnes qui filment et publient de tels actes violents une responsabilité égale, en termes de culpabilité criminelle, à celle des personnes qui les commettent.

Aux États-Unis, des sénateurs de l’État de Washington ont annoncé le mois dernier qu’ils se préparaient à placer des formes de harcèlement électronique sur un pied d’égalité avec les actes d’agression physique.

L’année dernière, des procureurs italiens ont fait enquête sur Google parce que le moteur de recherche avait permis la publication, sur le site Google Video, d’un clip montrant un jeune atteint du syndrome de Down se faire humilier, psychologiquement et physiquement, devant une quinzaine d’autres jeunes à Turin.

Pas plus tard que la semaine dernière en Angleterre, où le phénomène a pris de l’ampleur au cours des récentes années, la police de Yorkshire menaçait de porter des accusations criminelles contre des étudiants de l'école secondaire Kettlethorpe suite à un incident ayant mené à l’hospitalisation d’un jeune étudiant de 15 ans à Hertfordshire. La police a arrêté neuf adolescents en rapport avec l’agression, que ces derniers auraient filmée avec un cellulaire.

Les compagnies qui hébergent les clips vidéo, comme YouTube ou Google Video, insistent toutes sur leur bonne foi et leur empressement à retirer tout matériel indésirable et ne sont habituellement pas tenues responsables par la loi pour le matériel publié par des individus.

«Il nous est physiquement impossible de vérifier un à un tous les clips publiés par les utilisateurs, ce qui explique pourquoi nous comptons sur les alertes des internautes», a expliqué Rachel Whetstone, porte-parole de Google à Londres. «La grande majorité des gens utilise ces sites pour des communications légitimes.»

Dans le cas de l’incident italien, Google a retiré le clip de son site et refilé aux autorités l’adresse IP identifiant l’ordinateur qui a servi à publier le film, a dit Whetstone.

«Fermer ces sites ou les empêcher de fonctionner n’est pas une solution au problème», a-t-elle ajouté. «Vous savez, on ne ferme pas une autoroute parce que certains conducteurs dépassent de loin la limite de vitesse permise.»

Le législateur français Philippe Houllou, co-responsable du projet de loi à l’Assemblée nationale sur le happy slapping, estime cependant que les gouvernements se doivent d’agir avec fermeté. «Cette violence “vidéocentrique” est une nouvelle forme de délinquance juvénile qui se répand», dit-il. «Des agissements qui causent de tels dommages publics à une victime méritent d’être jugés comme un comportement criminel.»

À l’élaboration du projet de loi, de préciser Houllou, les responsables se sont efforcés d’inclure des clauses distinctes servant d’un côté à punir les personnes impliquées activement dans le tournage de scènes de violence pour servir leurs propres intérêts et de l’autre, à protéger les personnes enregistrant des scènes de violence dans le cadre d’activités journalistiques ou afin de rapporter un crime.

L’acte de filmer des scènes violentes en vue de les publier sur Internet est maintenant considéré un crime au même titre que la participation active à la violence elle-même. Les personnes qui reçoivent un film violent et le publient sur Internet sont passibles de poursuites au criminel pouvant résulter en une peine maximale de cinq ans de prison et en des amendes pouvant atteindre €75,000 – 115 600$CAN.

Quant aux plates-formes de partage de vidéos, Houllou a dit que les sanctions criminelles pourraient faire grimper les pénalités infligées à un site qui refuserait de retirer de ses pages un clip offensant.

Malgré leurs bonnes intentions, les initiatives gouvernementales visant à contrôler les jeunes en leur interdisant l’accès à certains sites Web n’auront pas l’effet escompté, estime Judith Hilgers, sociologue à l’Université de Trier en Allemagne et responsable d’une étude en cours sur le happy slapping.

«Toute tentative par les autorités d’empêcher les enfants de porter un cellulaire ou d’accéder à certains sites ne fera que faire passer ces activités sous la portée du radar», a dit Hilgers. «Croyez-moi, les jeunes sont très malins et ils n’auront aucun mal à trouver des sites alternatifs - probablement sur des serveurs russes - qui partagent des valeurs semblables.»

Des sites se spécialisent déjà dans l’affichage de vidéos violentes ou choquantes avec lesquelles les sites habituels ne veulent pas être associés, a continué Hilgers.

Pour l’instant, la grande majorité des clips publiés par des jeunes sur YouTube — et même plusieurs vidéos de happy slapping — ne sont que des blagues entre amis, de dire Hilgers.

«Je ne crois pas que l’évolution de la technologie ait fait monter le niveau d’intimidation, pense Hilgers. L’intimidation existait bien avant l’arrivée de YouTube, seulement maintenant, tout le monde peut la voir. Le vrai problème, a-t-elle ajouté, c’est que tant les parents que les enfants apprivoisent actuellement de nouveaux médias.»

«Ces sites de partage de vidéos en ligne sont un nouveau média dont nous ne comprenons pas encore toute la portée», croit-elle. Et dans dix ans d’ici, de nouvelles formes de technologie permettront aux adolescents de passer à de nouvelles formes d’intimidation.»








[Autres cyberactualités]