Sous l'emprise du jeu

Univers virtuel - Sous l'emprise du jeu

Jean-François Codère
Le Journal de Montréal

Accro de jeux vidéo, Christian a passé les huit derniers mois à jouer à World of Warcraft, presque sans arrêt. Une vraie drogue dont il a réussi à se libérer il y a une semaine à peine, non sans difficulté. «J'en ai pleuré et j'en rêve encore», confie-t-il.

Christian (nom fictif), 30 ans, était totalement sous l'emprise du jeu. Il n'a arrêté que la semaine dernière. «J'étais à la veille de tout perdre», réalise-t-il en parlant de sa copine, de son bébé âgé de moins de deux ans et de sa maison.

Selon sa copine, la situation s'était particulièrement aggravée au cours des deux derniers mois. «Jouer était devenu une obligation, il ne parlait que de ça, il utilisait même le jargon. Tout était écarté: vie de famille, vie de couple, etc. Il ratait des partys de famille parce qu'il devait être devant son ordinateur.

«J'arrivais de travailler avec la petite à 18 h 30 et, à 19 h 30, il embarquait sur son ordinateur jusqu'à 3 ou 4 heures du matin. Il n'y avait plus aucune activité.»

C'en était rendu au point où, comme le confie Christian, «je me privais de faire l'amour pour pouvoir faire mes affaires.»

Chômage

Comme il est au chômage, Christian passait aussi la plus grande partie de ses journées à jouer. Au total, il pouvait facilement passer plus de 12 heures par jour dans l'univers virtuel de World of Warcraft.

Il a coupé le cordon du jour au lendemain en supprimant son compte sur les serveurs du jeu. «Ça m'a vraiment affecté, j'en ai pleuré plusieurs jours. Je fais encore des rêves où j'envoie une lettre à l'entreprise pour qu'ils réactivent mon compte. Je trouve ça grave que ça m'affecte autant.»

Le hic, selon Christian, c'est qu'à force de jouer aussi longtemps, on s'attache à son personnage.

En attendant d'être complètement remis de sa dépendance, il peut compter sur le support de sa copine, évidemment très heureuse. «Depuis une semaine, on se parle, on fait des activités ensemble. En fin de semaine, on a fermé la cour. Ça aurait été impensable il y a deux semaines.»

  • Christian n'a pas totalement délaissé les jeux vidéo. Il y consacre encore environ deux heures par jour, mais il évite les jeux en ligne.

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