Il y a quelques années, on a sonné l'alarme pour venir en aide aux joueurs compulsifs. Mais pour les accros aux jeux vidéo qui veulent s'en sortir, rien. Pourtant, ils sont nombreux à demander de l'aide.
«Nous avons souvent des demandes, mais pas de traitement», constate Christian Carpentier, du Centre Dollard-Cormier, où l'on vient en aide à ceux qui ont développé une dépendance à l'alcool, à la drogue, aux médicaments ou aux jeux de hasard.
Rien non plus pour les jeunes gamers pathologiques à l'Hôpital Sainte-Justine.
Que répond-t-on aux accros des jeux vidéo ?
«Il n'y a pas de thérapie pour eux», confirme Monique Cantin, du service de renseignements Jeu : aide et référence.
Il y a pourtant une demande. Comment expliquer qu'il existe des cliniques de désintoxication pour gamblers pathologiques ailleurs dans le monde, mais pas ici ?
Pas assez documentée ?
«Cette dépendance n'est peut-être pas encore assez documentée chez nous», croit la chercheuse en psychologie Magalie Dufour.
Le sujet intéresse beaucoup cette spécialiste des dépendances, qui souhaiterait que le ministère de la Santé se penche sur le problème.
«Dans les pays asiatiques, ils sont à risques, ils aiment beaucoup jouer. Nous ne sommes pas encore rendus là. Nos gouvernements n'offrent pas de subventions pour la recherche sur les gamers pathologiques.»
«Pour l'instant, les jeux vidéo ne font pas partie de nos projets», confirme Dominique Bouchard, du Comité de recherche du ministère québécois de la Santé, sans toutefois pouvoir l'expliquer.