Second Life

Quand la fiction dépasse la réalité - Second Life

Dominic Arpin
Le Journal de Montréal

Qui n'a pas rêvé un jour de changer de peau ? De se métamorphoser ? De devenir quelqu'un d'autre ? Grâce à Second Life, ce rêve un peu fou est aujourd'hui à la portée de tous. Il suffit d'un ordinateur et d'une carte de crédit, et le tour est joué. Comme Alice, il ne vous reste plus qu'à traverser de l'autre côté du miroir...

Imaginez un monde où nous pourrions tous voler, un monde parallèle en constante mutation, habité par plus de 800 000 résidants qui décident de son développement, de son évolution. Un monde régi par ses propres règles, son économie, sa vie culturelle et sociale. Second Life, c'est ça. Et encore plus.

Depuis sa création en 2003, le jeu 3D en ligne a connu une croissance phénoménale sur Internet. Chaque mois, sa population augmente de 20 %, son territoire virtuel s'agrandit, de nouveaux commerces sont créés. Exactement comme s'il s'agissait d'une nouvelle colonie numérique.

Bienvenue dans La Matrice

Comme son nom l'indique, Second Life permet au participant d'avoir une deuxième vie, une vie virtuelle. Le joueur doit d'abord créer son personnage - un avatar dans le jargon - avant de pouvoir aller grossir la population. De l'apparence physique de son alter ego en passant par sa personnalité et ses vêtements, il a le contrôle sur tout. Même sa profession. Après tout, n'est-on pas mieux servi que par soi-même !

Sa petite valise à la main, l'avatar peut alors plonger dans cette «matrice», acheter un terrain, interagir avec les autres joueurs ou visiter les nombreuses îles qui composent le monde de Second Life. Et ce ne sont pas les activités qui manquent : bars, casinos, discothèques et... stations spatiales se comptent par dizaines. Sans oublier les concerts. U2 y a présenté un spectacle. Suzanne Vega aussi. Et bientôt ce sera au tour de Duran Duran.

Il y a quelques semaines, un candidat démocrate aux présidentielles américaines, Mark Warner, est même allé y présenter son programme politique. Imaginez l'avatar d'André Boisclair répondre aux questions d'un Pierre Bruneau virtuel pour comprendre l'idée...

Gagner sa vie grâce à Second Life

Contrairement aux jeux de rôles traditionnels, où l'accent est souvent mis sur les combats et l'action, Second Life encourage plutôt la créativité de ses membres. Les joueurs peuvent absolument tout concevoir dans le jeu, des vêtements aux meubles en passant par les immeubles et les véhicules. Bien sûr, principe de l'offre et de la demande oblige, il n'en fallait pas plus pour que certains se lancent en affaires.

Grâce au Linden, la monnaie de Second Life, il est possible de vendre et d'acheter à peu près n'importe quoi dans le jeu. Et attention, contrairement à l'argent Monopoly, le Linden a une valeur réelle : 335 Linden coûte environ 1 $ US. Vous avez bien lu. Pour habiller son avatar avec des fringues exclusives, ou meubler sa maison, le joueur doit payer pour vrai ! Linden Lab, le studio qui a développé le jeu, estime qu'il va se brasser des affaires de l'ordre de 60 millions US cette année dans SL.

Michel Leblanc (www.michelleblanc.com), un blogueur qui s'intéresse à cette nouvelle forme de commerce, nous apprend que 3 100 entreprises ont déjà pignon sur rue dans le jeu. La semaine dernière, il a même découvert une île secrète dans laquelle le géant de l'informatique IBM a construit un laboratoire.

Tout ça alors que des joueurs gagnent déjà leur vie (réelle) grâce au jeu. Les dix entrepreneurs les plus prolifiques de Second Life font en moyenne 200 000 dollars par année !

Hum. Qui a dit que jouer à des jeux vidéo était une perte de temps ?...

Extrait blogue de la semaine

«Mes pieds sont tout froids, même s'il fait plus de 20 degrés. La petite boîte électrique de mon ordinateur portable dégage une douce chaleur, je l'insère sous ma couette et j'y colle mes pieds pour les réchauffer. Cette bouillotte improvisée m'apporte un peu de réconfort, elle est comme une brique chauffée au four avant la nuit que les bienveillantes mères d'une autre époque remettaient aux enfants de la maisonnée avant d'aller au lit.»

Tiré de : camionneuse.blogspot.com

L'adresse de la semaine

À première vue, on le croirait victime d'une électrocution, ou encore d'une violente crise d'épilepsie. Il bouge comme une tranche de bacon qu'on vient de mettre dans une casserole brûlante. En d'autres mots, Darrell Lahey a une drôle de façon de danser. Et c'est sans doute ce qui a charmé les milliers d'internautes qui fréquentent son site Daily Dancer, depuis plus d'un an. Le programmeur informatique a annoncé sa «retraite» dernièrement, mais ses nombreuses vidéos sont toujours disponibles. Tordant.

http://www.dailydancer.com/


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