Les ados trichent plus que les adultes

Jean-Philippe Pineault
Le Journal de Montréal

Les ados sont plus enclins à transgresser les règles du français que les adultes lorsqu'ils clavardent sur Internet.

Selon une étude de l'Université de Montréal parue en 2005, les jeunes auraient davantage tendance à utiliser des procédés abréviatifs que les adultes lorsqu'ils chattent avec leurs amis.

Par exemple, les jeunes ont tendance à remplacer «qu» par «k». Ainsi, plutôt que d'écrire «inquiète», les ados écrivent «inkiète», ou encore «arnake» au lieu d'«arnaque».

On retrouve aussi chez les ados un plus grand nombre de substitutions de graphèmes. Par exemple, «comme» devient «komme» et «moi» s'écrit «mwa».

«En revanche, dans le groupe des adultes, la motivation à recourir à des techniques abréviatives reposerait essentiellement sur des raisons d'économie dactylographique», explique la chercheuse Anaïs Tatossian.

Recherche d'identité

L'auteure de l'étude estime que l'utilisation de ce code par les adolescents peut traduire la recherche d'un sentiment d'appartenance ou d'identité.

«Par ces manipulations graphiques, les jeunes créent une certaine cohésion de groupe», explique-t-elle.

«Par ailleurs, dans le but de montrer qu'ils sont experts des procédés graphiques impliqués dans l'orthochat ou pour impressionner les autres clavardeurs, il se pourrait que certains adolescents multiplient sciemment ces manipulations graphiques», conclut Mme Tatossian.

jppineault@journalmtl.com


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