Pour plusieurs, la force d'Internet réside dans le fait qu'il s'agit d'un univers où David a autant de chances d'être entendu que Goliath. Cette neutralité est toutefois menacée à l'heure actuelle par la volonté de certaines grandes entreprises de télécommunication américaines, qui veulent créer un «Internet à deux vitesses».
L'un des principes sacrés d'Internet, qui veut que les grands opérateurs de réseaux accordent la même bande passante au contenu fourni par des tiers qu'à leur propre contenu, est actuellement remis en question par certains de ces opérateurs.
Le débat est né il y a plusieurs mois, quand Edward Whitacre, qui était alors le président de SBC Communications, a demandé, lors d'une entrevue au magazine Business Week, pourquoi il devrait laisser des entreprises Internet comme Google, Yahoo ! ou Vonage utiliser son réseau gratuitement.
La volonté des grands opérateurs s'est précisée depuis : être en mesure d'accorder plus de bande passante à certains sites - les leurs ou des clients payants - et moins à d'autres, soit ceux qui ne paieraient pas.
Indignation
Voilà qui n'est évidemment pas sans soulever l'indignation des habitués d'Internet, dont Jean-Pierre Cloutier, l'éditeur des défuntes Chroniques de Cybérie et l'un des premiers éditeurs internet au Québec.
«Prenons l'exemple de Blogger, qui héberge environ 15 millions de blogues. S'ils choisissent de payer pour obtenir un meilleur accès, seront-ils capables de maintenir la gratuité ? Et s'ils ne paient pas, ce sont autant de blogues qui vont devenir des sites web de deuxième catégorie.»
Pour l'instant, heureusement, le Congrès américain ne semble pas vouloir donner suite aux volontés de ces géants des télécommunications. Même qu'un projet de loi visant à empêcher de telles pratiques a été approuvé par un comité de la Chambre des représentants jeudi dernier.
De gros noms figurent parmi les opposants au projet, dont Microsoft, Google, Yahoo ! et Amazon.com.
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