Blogueur, va!

Franco Nuovo - Blogueur, va!

Le Journal de Montréal

Peut-être que ça ne m'intéresse pas pour toutes les raisons énoncées il y a quelques jours, mais d'autres prennent le blogue plutôt à coeur. Je passe sur mon collègue blogueur, Lagacé, vous savez «//Pat. blogue.canoe.com/» qui, jouant de bonne guerre, a passé la journée de mercredi à me lancer des vannes. Toutefois, des commentaires, j'en ai reçu plus que je n'en demandais.

Je passe sur les basses insultes qui ne servent à rien sauf à permettre aux imbéciles de se vider le coeur. Je passe aussi sur les tapes dans le dos. J'ai quand même retenu deux opinions. D'abord, ce lecteur qui dit, comme ça arrive si souvent, ne jamais lire le journal mais qui, ce matin-là, est tombé dessus par hasard. Sûr voyons! Sylvain Carle est évidemment un blogueur. Il m'a donc répondu sur son blogue. L'espace manquant, je ne retranscrirai que certains passages. Ben non! Pas seulement les plus flatteurs. D'abord, il n'y en a pas beaucoup.

«... Aujourd'hui dans sa chronique» vie au quotidien «, M. Nuovo y va de son petit coup de gueule contre les blogues sans vraiment savoir de quoi il parle.»

Juste préciser à M. le Blogueur que ce n'était pas un coup de gueule. J'ai mordu personne. Et il poursuit:

«... En fait, ce qui m'énerve le plus dans sa diatribe, c'est la condescendance et l'incompréhension du fait qu'on parle d'un nouveau type de média et pas d'un format. Demander» un blogue quossa donne? «c'est comme demander» un journal quossa donne «Ça dépend largement de ce qu'on met dedans...»

Là est justement le problème. Contrairement à un journal, comme l'a écrit le spécialiste Philippe Barraud, «l'écriture paresseuse du blogue ne débouche neuf fois sur dix que sur des textes médiocres». C'est de cela, juste de cela qu'il est question. Et M. Carle continue:

«... La démocratisation de la parole n'est pas le terme juste. C'est la démocratisation de la tribune qui est le facteur important ici. Les blogues permettent à n'importe qui d'avoir une chronique...»

Autre problème: «le n'importe qui». Le «n'importe qui» n'est pas plus valable que supposément le «n'importe quoi» dans la liberté d'expression.

«En conclusion, Franco, je suis d'accord avec toi plus que les lecteurs ici auraient pu le penser en début de ce billet. Tu n'as pas besoin de blogue. Tu en as déjà un. Tu as deux millions de lecteurs potentiels... Le fait qu'il soit impossible de le retrouver par Google, que chaque chronique disparaisse presque aussitôt qu'elle est publiée, que les lecteurs n'aient pas voix au chapitre, tout cela n'est vraiment pas important. Pour toi en tout cas. Pour moi c'est crucial. Pour moi, cela fait partie de ce que la discipline d'écrire en public, discipline pas toujours rigoureuse c'est vrai, mais effort quand même (sic). Alors, voilà quelques contrepoints. Parce que je peux, j'ai un blogue.»

M. Carle, ce blogue, vous me l'avez quand même envoyé par courriel en ajoutant: «On verra ben quossa donne.» Eh! ben ça donne ça! Votre prose est couchée sur papier et vous êtes publié à la plus grande joie de deux millions de lecteurs potentiels. Sacré blogueur, va!

Et tiens, je vais aussi vous retranscrire ce commentaire-là, plus mignon, surtout plus humain.

«Tu as raison, un blogue, ça ne donne pas grand-chose! Ça ne change rien à l'humanité. Ça n'influe pas sur le cours de la bourse, ça ne donne pas à manger aux affamés. Je te l'accorde! Mais il ne s'agit que d'un espace, on peut toujours passer son chemin... Mon blogue à moi, je le vois comme un magazine d'intérêts divers et certainement pas sérieux. Je l'ai construit comme une conversation avec mon meilleur ami que je vois moins souvent que je le voudrais, et j'y écris tout ce que j'ai envie de partager. Si d'autres lecteurs, en passant par là, s'intéressent à nos divagations, c'est tant mieux... On y met juste des coups de coeur, juste des» hé, va voir ça! «ou» eh ! as-tu entendu ça? «... Et l'échange créé nous permet de connaître de nouvelles choses et souvent de sourire... En plus nous revendiquons le droit d'être inintéressants.» (Sophie T.)

La dernière phrase me plaît beaucoup, mais pourquoi pas juste «courrieler»?


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