IBM, son superordinateur Blue Gene et l’EPFL à la poursuite des secrets de l’intelligence cognitive

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Canoë

Dernière mise à jour: 06-06-2005 | 09h32

IBM et l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) annoncent aujourd’hui une initiative scientifique conjointe majeure – surnommée projet Blue Brain – dont l’objectif est de faire passer à son prochain niveau la recherche sur le cerveau.

Au cours des deux années qui suivront, des chercheurs des deux organisations puiseront ensemble à même la formidable puissance de calcul du super ordinateur eServer Blue Gene de IBM afin de mettre au point un modèle détaillé des circuits présents dans le néocortex – la plus grande partie du cerveau et aussi la plus complexe. En étendant la modélisation à d’autres régions du cerveau, les chercheurs espèrent obtenir éventuellement un modèle informatique précis du cerveau entier.

Les scientifiques savent relativement peu de choses sur le fonctionnement du cerveau. À l’aide d’un modèle numérique, les chercheurs effectueront d’abord des simulations informatiques du fonctionnement du cerveau sur le plan moléculaire; ils espèrent ainsi lever le voile sur des processus internes comme la pensée, la perception et la mémoire. Ces chercheurs tenteront également de comprendre un peu mieux le pourquoi et le comment du mauvais fonctionnement de certains microcircuits du cerveau – que l’on croit être la cause de certains troubles psychiatriques comme l’autisme, la schizophrénie et la dépression.

Les ingénieurs de IBM mettront à profit leur expérience dans la simulation de systèmes biologiques complexes pour faire de ces données un modèle tridimensionnel qui recréera les interactions électrochimiques se produisant à haute vitesse à l’intérieur du cerveau. Le modèle, soutenu par quatre unités de l’ordinateur Blue Gene, pourra simuler en trois dimensions des processus du cerveau et ce, avec une précision jamais atteinte.

Le système qui sera installé à la EPFL occupera une aire équivalente à celle de quatre réfrigérateurs. Il offrira une vitesse de traitement maximale d’au moins 22,8 trillions d’opérations en virgules flottantes par seconde (floating-point operations per second ou flops, donc 22,8 teraflops). Cela en fera l’un des plus puissants superordinateurs du monde.

La première phase du projet vise à produire une réplique informatique d’une colonne du néocortex. Le néocortex constitue environ 85% de la masse totale du cerveau humain et on le croit responsable des fonctions cognitives du langage, de l’apprentissage, de la mémoire et de la pensée complexe. Une réplique fidèle d’une colonne du néocortex est donc la première étape essentielle à la modélisation du cerveau entier. Elle fournira également un lien entre les plans génétique, moléculaire et cognitif du fonctionnement du cerveau. La phase suivante et les phases subséquentes serviront à étendre la simulation aux circuits des autres régions du cerveau et éventuellement, au cerveau entier.


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