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Un bidule prometteur: le téliPhone!

Nelson Dumais -Journal de Montréal
22/12/2004 07h43 

Il y a 15 jours, je vous parlais du fournisseur montréalais Inter.Net Canada qui m’avait fait découvrir son service de téléphonie IP résidentielle (VoIP – Voice over Internet Protocol). Il s’agissait d’un petit routeur qui se branchait à un modem DSL et sur lequel on pouvait atteler deux téléphones du type de ceux qu’on trouve dans nos chaumières.

La beauté, c’est qu’on économisait sur les coûts mensuels et qu’on pouvait se déplacer partout avec notre boîte noire, ce qui nous permettait de conserver notre numéro et notre code régional. Il suffisait de pouvoir se connecter à un réseau haute vitesse. Le désavantage, c’est qu’il fallait y raccorder physiquement le routeur et le téléphone ; clic, clouc! De plus, la qualité sonore n’était pas toujours à 100 %.

TéliPhone et SpeedStream 6300
D’où l’intérêt de la téléphonie IP sans fil, dont celle de la United American Corporation qui, récemment, entreprenait de commercialiser ses «téliPhone» (les lettres «iP» sont en bleu pour rappeler le désormais omniprésent protocole Internet). Ce petit appareil est en effet conçu pour la techno sans fil (WiFi) 802-11b ou 11g et, chic, ne se vend vraiment pas cher. Tant et si bien que le collègue Boily (lire son texte) et moi l’avons mis à l’essai la semaine dernière.

Pour y arriver, il m’a fallu tout d’abord me munir d’un routeur WiFi, ce que j’ai fait en allant téter Bell Sympatico (mégajoueur en train de foncer à toute vapeur, pour le moins aussi vite que Vidéotron, en VoIP résidentielle) où l’on m’a gracieusement fourni l’appareillage nécessaire. Je vous parle du SpeedStream 6300, un routeur-modem DSL très bien ficelé que fabrique Efficient Networks, une filiale de Siemens AG.

Cet excellent produit s’installe et se configure en criant ciseau. Bravo pour l’interface utilisateur! Non seulement remplace-t-il notre modem DSL et notre routeur pare-feu, mais encore il permet le raccordement d’un réseau Ethernet câblé RJ-45 (cinq connecteurs) et la connexion d’un réseau sans fil (WiFi) 802-11g. Dans mon cas, il ne m’a fallu que 15 minutes pour troquer mon vieux routeur et mon modem DSL contre le SpeedStream et pour que mes ordis acceptent tous ce changement majeur. Le pied!

Comme Bell m’avait également prêté un récepteur Linksys Wireless-G de 2,4 GHz, un tout petit machin mignon qui se branche au PC sur prise USB, j’ai pu retirer le câble Ethernet de mon PC et reconnecter ce dernier au réseau en mode WiFi. Je vous parle d’un bizounage d’à peine cinq minutes. Ensuite, je me suis escrimé avec le téliPhone.

Pas toujours du bonbon…
Quand tout se passe normalement, il suffit d’allumer ce bidule pour qu’il se mette à la recherche d’une base WiFi, en l’occurrence le SpeedStream. Il n’a alors besoin que de quelques secondes pour la trouver, se faire assigner une adresse IP dynamique (DHCP) et être reconnu par un serveur de la United American Co. Dès lors, l’utilisateur peut appeler partout (et recevoir des appels de partout) sans jamais devoir changer de code régional. Le bonheur!

Dans mon cas, cela s’est passé autrement. C’est que ces gugusses sans fil ont des «canaux» et qu’ils doivent utiliser le même pour se parler. Or, par défaut, le TéliPhone est à 6 et le SpeedStream, à 11… Ensuite, il faut choisir un mode de chiffrement pour que son réseau WiFi soit protégé. Comme il se doit, le SpeedStream suggère du 128 bits, soit une série inviolable de 28 caractères hexadécimaux. N’ayant pas eu la patience et la dextérité pour entrer une telle combinaison de lettres et de chiffres sur le clavier du petit téléphone, j’ai finalement dû me contenter d’une protection à 10 caractères (64 bits, ce qui n’est pas si mal) basée sur de simples chiffres faciles à saisir. Tout cela, évidemment, m’a permis de constater que le service de dépannage était rapide d’accès, efficace et courtois.

Après, je me suis mis à téléphoner à tout le monde sans autres problèmes de connexion: Sept-Îles, Rimouski, Québec, Montréal et… Saint-Lambert. Si ma mère n’a pas reconnu ma voix (elle a même cru à un canular, et j’ai dû la rappeler sur ma «vraie» ligne), André Boily et moi avons trouvé notre conversation (IP à IP) aussi acceptable que si on l’avait tenue sur le réseau filaire de Bell. Bref, la qualité a fluctué avec les routes et les technos utilisées, oscillant entre le pire et le meilleur.

C’est une réalité qu’on doit actuellement prendre en ligne de compte. Mais heureusement, la VoIP en est à ses débuts, et la situation ne pourra que s’améliorer dans les mois et les années qui viennent. C’est ce qui me laisse croire que ma mère pourra me reconnaître d’ici à un an! En attendant, je vais quand même continuer de l’utiliser, ravi de pouvoir sabrer dans mes coûts interurbains mensuels.

Merci, et à la semaine prochaine. En attendant, je vous souhaite le plus chaleureux des Noëls.






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