Coup de théâtre dans le monde du jeu vidéo: le géant américain Electronic Arts a annoncé hier avoir acquis une participation de 19,9 % dans le concurrent français Ubisoft, opération jugée «hostile» par ce dernier.
Dans un bref communiqué émis hier matin, Electronic Arts dit avoir acquis un bloc d’actions d’Ubisoft appartenant à la société hollandaise Talpa Beheer BV, propriété de John De Mol, une figure dominante de l’industrie des médias aux Pays-Bas. Cette firme était le deuxième actionnaire en importance dans Ubisoft.
La valeur de la transaction n’a pas été révélée mais elle est estimée entre 85 M$ US et 100 M$ US, selon des sources spécialisées citées par l’agence de presse Reuters.
Avec cette prise de participation, EA devient un acteur important au sein de son concurrent parce que la famille Guillemot, qui a créé Ubisoft, ne détient que 22,8 % des droits de vote.
«C’est une opération hostile jusqu’à preuve du contraire», a dit hier Martin Carrier, directeur des communications au studio montréalais d’Ubisoft, répercutant ainsi des propos semblables tenus par la direction d’Ubisoft en France.
1000 employés à Montréal
Le studio montréalais est le plus important avec environ 1 000 des 2 350 employés que compte l’entreprise à travers le monde.
Selon M. Carrier, les gens d’Ubisoft sont surtout «intrigués» par cette opération parce qu’ils «ne connaissent pas les intentions» de leur concurrent. Il affirme que, pour le moment, cela ne change rien aux opérations de l’entreprise ici.
Les porte-parole d’EA à Redwood City, en Californie, de même que du bureau de Montréal ne nous ont pas rappelé. EA s’est installée dans la métropole québécoise en 2003 et compte environ 80 employés.
Le directeur financier d’Electronic Arts, Warren Jenson, a toutefois déclaré à l’agence Reuters que son entreprise s’attendait à ce qu’un jour, les actions de M. De Mol soient mises en vente. «Nous avons eu le sentiment qu’il était important que nous possédions ces actions. Disons qu’un jour, Ubisoft souhaiterait fusionner. Ce bloc d’actions serait important dans ce contexte.»
Une étape
Dans une note, un analyste du courtier Wedbush Morgan Securities, Michael Pachter, croit que cette transaction d’EA ne serait qu’une première étape vers l’acquisition de la totalité d’Ubisoft.
En tout cas, les actionnaires de cette dernière s’attendent à des rebondissements parce que le titre d’Ubisoft a grimpé de plus de 24 % à la Bourse de Paris sur cette nouvelle. Il a terminé la séance à 21,16 euros (environ 34,90 $), en hausse de 4,18 euros (environ 6,90 $).
Le titre d’EA a de son côté peu bougé, ne gagnant que 0,30 $ US pour finir la séance sur la Bourse Nasdaq à 59,94 $ US.
Avec Reuters