Le ministre de l’Éducation est inquiet face à la pratique de plusieurs profs qui consiste à exiger une prescription de Ritalin avant de réintégrer certains élèves dans leur classe.
«Un enseignant ne peut pas décider de médicamenter un élève et il ne peut pas exiger qu’il reçoive des médicaments. Si ça arrive, il y a quelque chose qui ne va pas», a reconnu Pierre Reid, au cours d’une entrevue exclusive accordée au Journal de Montréal.
Le ministre de l’Éducation s’est dit préoccupé face à la croissance constante qu’enregistre la consommation de Ritalin au Québec.
Selon une enquête publiée dans nos pages durant la fin de semaine, c’est ici que les enfants de 0 à 17 ans ingurgitent le plus de ce médicament au pays.
Toutes proportions gardées, ils en consomment trois fois plus qu’en Colombie-Britannique.
«Ça me préoccupe beaucoup, dit Pierre Reid, et c’est pourquoi nous regardons les progrès que nous pouvons faire en partenariat avec le ministère de la Santé, notamment.»
Comme plusieurs observateurs interrogés par le Journal, Pierre Reid reconnaît que le manque de ressources dans le réseau de l’éducation a un rôle à jouer dans la hausse des ventes de Ritalin.
«Il manque de professionnels dans les écoles et c’est clair que ça fait partie du problème, dit-il. C’est pourquoi nous avons ajouté 10 M$ dans le dernier budget pour tenter d’améliorer la situation, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire.»
Compressions
«On ne se cachera pas que les compressions majeures effectuées par nos prédécesseurs ont été très mauvaises pour le réseau, dit-il. Au net, ça s’est traduit par une diminution du nombre de professionnels.»
Le ministre Reid croit que la popularité du Ritalin s’explique aussi par l’amélioration des diagnostics du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). «Les enfants sont mieux diagnostiqués qu’auparavant», estime-t-il.