La pratique régulière du sport à l’école a un impact positif sur la consommation de Ritalin : plus les enfants bougent, moins les diagnostics d’hyperactivité sont nombreux.
C’est du moins la situation que vit l’École primaire Pierre-de-Coubertin, où les élèves bénéficient tous d’une heure d’éducation physique par jour, soit cinq fois plus que dans la majorité des institutions publiques.
«Ce qui est visé, c’est d’amener l’élève à être plus concentré en classe et à mieux comprendre les explications de son enseignant», explique la directrice de l’établissement, Sylvie Favreau.
Canaliser l’énergie
Le projet, qui fête cette année son 20e anniversaire, a aussi un impact favorable sur la consommation de psychostimulants, comme le Ritalin.
Alors que la proportion d’enfants médicamentés atteint 12 % dans certains milieux défavorisés, seuls quatre des 274 écoliers de Pierre-de-Coubertin, dans l’Est de Montréal, consomment un méthylphénidate, indique Mme Favreau.
«C’est vraiment rien, dit-elle, et en plus ces enfants fonctionnent très bien à l’intérieur de notre projet.»
Un pas dans la bonne direction
«Pour nous, la pratique du sport n’est pas une solution à l’hyperactivité, mais un moyen de canaliser l’énergie des élèves», précise la directrice, une professionnelle comptant une vingtaine d’années d’expérience.
Les écoliers inscrits dans cette institution publique ne font pourtant pas partie de l’élite scolaire ou sportive.
Les chanceux qui sont sélectionnés — une soixantaine par année — doivent seulement être motivés, aimer le sport et démontrer la capacité de réussir leurs études avec un horaire réduit en enseignement théorique.
«On ne regarde jamais si un élève souffre d’hyperactivité au moment de lui offrir une place, affirme Sylvie Favreau. Malgré tout, très peu de nos élèves doivent consommer du Ritalin.»
L’annonce du gouvernement Charest de consacrer une heure supplémentaire à l’éducation physique chaque semaine ne changera rien au quotidien des jeunes de Pierre-de-Coubertin.
Mais Mme Favreau croit néanmoins qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction. «Les enfants auront plus de temps pour se ventiler et pour bouger, dit-elle. C’est très sain.»