La croissance phénoménale qu’enregistre la consommation de Ritalin s’explique en partie par l’augmentation constante du nombre d’enfants uniques.
Selon le démographe Jacques Marleau, de l’Institut Philippe-Pinel, il existe «un lien direct» entre la vente de méthylphénidates et la structure de la famille québécoise moyenne. Plus les enfants uniques sont nombreux, plus forte est la consommation de Ritalin.
«Pour plusieurs scientifiques, le trouble du déficit de l’attention (TDA) est d’abord héréditaire, indique Jacques Marleau, mais moi je pense que les facteurs environnementaux ont aussi leur rôle à jouer.»
«Avec un enfant seul, les parents ne sont peut-être pas assez sévères, avance-t-il. L’enfant unique est généralement un peu plus impulsif et actif que celui qui a des frères ou sœurs», analyse le démographe.
Familles monoparentales
Jacques Marleau souligne également que les enfants uniques se retrouvent de plus en plus dans les familles monoparentales, où les cas de TDA et d’hyperactivité sont plus fréquents.
Depuis 20 ans, les enfants qui n’ont ni frère, ni sœur sont de plus en plus nombreux.
Ils comptent actuellement pour 50 % des enfants.
En 1981, cette proportion était de 38%. Elle a grimpé à 41% en 1986, puis à 45% en 1996.