Les psys me corrigeront, mais les humains me semblent agir essentiellement de deux façons pour pondre un document: soit qu’ils le structurent avant d’en commencer la production, soit qu’ils le fassent au fil de sa création.
Dans le premier cas, ils se feront des plans ou des schémas qu’ils suivront à la lettre. Surtout s’ils ont à livrer des textes complexes, des documentaires télés ou des sites Web.
Dans l’autre, ils partiront à l’aventure sur une page blanche sans avoir la moindre idée de quoi aura l’air leur produit final. Ce sera, par exemple, le cas d’un… chroniqueur informatique dont la prestation ne dépassera jamais une simple page de journal.
Incroyablement facile
Selon les personnalités, les deux
méthodes pourront livrer des fruits de qualité, mais aussi des bides de fond de baril. La méthode ne remplacera jamais le talent, la connaissance ou l’intelligence. Il est en effet possible de posséder parfaitement un sujet et de pouvoir le jeter sur papier sans devoir utiliser des aides méthodologiques ou des logiciels d’organisation de la pensée. Reste que cette façon de procéder ouvre la porte à l’incohérence et aux oublis.
D’où l’intérêt d’un logiciel comme Inspiration, un classique en son genre fabriqué depuis 22 ans aux États-Unis par Inspiration Software (www.inspiration.com). Avec une base de 10 millions d’utilisateurs (surtout dans le milieu scolaire), ce produit Mac/PC (109 $ CA) qui en est à sa version 7.5 est
désormais disponible dans la langue de Félix grâce à des accords avec la firme québécoise De Marque (www.demarque.com) qui vient d’en entreprendre la commercialisation francophone.
Moi, le rédacteur bordélique, je me suis servi d’Inspiration pour produire un texte pas trop jojo. Vous savez, ce genre de truc qu’on ne sait jamais par quel bout prendre. Or, j’ai bien aimé mon expérience ; en tout cas, dans l’ensemble. Sans jamais devoir lire le fichier d’aide, en furetant seulement à travers les menus du logiciel, je suis arrivé à me servir de toutes les fonctions qui
pouvaient m’être utiles. Comme si j’avais toujours connu ce produit.
J’avais le choix de travailler soit en mode graphique, soit en mode plan, un peu à la manière de PowerPoint. J’ai évidemment utilisé la première option, avec laquelle j’ai pu littéralement «dessiner mes idées». Une case jaune ici, des cases secondaires orange là, là et là, un deuxième point dans une
case bleue plus loin, et ainsi de suite. Le tout avec les flèches tissées à volonté. J’ai même pu remplacer mes cases par des
objets (clip-arts) ; Inspiration en offre une grande variété.
Exportation en format HTML
J’ai toutefois éprouvé des difficultés en mode plan. Disons que je n’ai pas bien compris comment je pouvais y faire respecter mes choix hiérarchiques, ceux-là mêmes que j’avais bidouillés avec mes petites cases couleur. C’est comme si les sous-points que je rajoutais à une idée déjà décortiquée, alors que j’étais en train d’en définir une nouvelle (le cerveau humain ne fonctionne jamais de façon parfaitement linéaire ; il lui arrive d’avoir des flashs), allait s’inscrire dans la nouvelle idée et non là où ils
devraient être. Dingue ! Alors que tout semblait beau en mode graphique, c’était le capharnaüm en mode plan.
J’ai essayé de comprendre le truc, mais n’y suis pas arrivé. Y être parvenu, j’aurais pu transférer mon document dans Word ou dans PowerPoint de Microsoft ; une fonction est effectivement prévue à cette fin.
Sauf que je n’en avais rien à cirer. J’étais amplement satisfait d’avoir pu exporter mon document en format HTML et d’avoir pu ainsi le placer sur une page Web. En
effet, chacune de mes idées principales comportait des hyperliens utiles. Soit dit en passant, j’ai remarqué que le code HTML généré par Inspiration était des plus propres. Cet agréable logiciel transforme le document en fichier GIF et utilise simplement une commande AREA SHAPE pour conserver bien vivants tous nos hyperliens.
En un mot, Inspiration est idéal pour les remue-méninges, la ponte de concepts ou l’élaboration de documents et sait séduire par sa grande facilité. Cela, même si on est bordélique et… qu’on s’y complaise.