Un organisme à but non lucratif visant à développer les connaissances sur les écosystèmes québécois vient de voir le jour. L’Institut québécois de la biodiversité (IQBIO) entend mener sa mission à bien en répertoriant et en documentant les différentes collections scientifiques existant au Québec.
Au fil des ans, de précieuses collections animalières ou végétales ont été constituées par des scientifiques. C’est le cas, par exemple, de l’Herbier Marie-Victorin conservé à l’Université de Montréal.
Le Québec compte quelque 200 de ces collections inestimables pour la recherche scientifique et pour la connaissance de nos écosystèmes. Elles sont réparties sur tout le territoire et préservées dans des conditions très variables. Plusieurs d’entre elles sont menacées de disparaître, faute de personnel spécialisé et d’espaces dédiés à leur conservation.
L’enrichissement des connaissances sur nos écosystèmes passe donc notamment par la préservation de ces collections, qui constituent ni plus ni moins, que notre patrimoine scientifique. L’IQBIO se propose d’évaluer leur pertinence et leur état de conservation. Il coordonnera les efforts de conservation, d’accessibilité et de mise en valeur de ces collections. Il veillera enfin à assurer la relève professionnelle dans le domaine de la taxinomie (le classement des formes vivantes).
«La biodiversité, c’est bien plus que les espèces en péril», souligne Pierre Brunel, le président du nouvel organisme. Ce professeur retraité du département de sciences biologiques de l’Université de Montréal poursuit: «Privés de connaissances sur les millions de petits organismes vivants qui peuplent la nature et qui forment la vaste majorité des espèces, nous pouvons difficilement comprendre les changements que subissent nos écosystèmes. La collecte, l’identification et la conservation des espèces sont des tâches laborieuses mais essentielles à la connaissance de la biodiversité actuelle et passée. Grâce aux collections, il est possible d’interroger le passé écologique et le comparer au présent. Bref, voir venir pour mieux prévenir.»
L’IQBIO compte déjà une quarantaine de membres provenant des milieux scientifiques et écologistes du Québec. Parmi eux, soulignons la présence de messieurs Hubert Reeves, Pierre Dansereau et Frédéric Back.