Les OGM menacent notre eau potable

Marco Fortier - Journal de Montréal

La présence de plantes et d’animaux génétiquement modifiés (OGM) dans la nature soulève des doutes sur la qualité de l’eau potable, indique une étude d’Environnement Canada.

Les OGM n’ont eu aucun effet à ce jour sur l’environnement, mais les impacts à long terme des cultures modifiées génétiquement restent inconnus, a indiqué hier un des auteurs du rapport, Jim Maguire, en entrevue avec Le Journal de Montréal.

«Les gens ont tendance à jouer avec les mots en parlant de Frankenfood et de super plantes. La réalité est probablement moins spectaculaire, mais franchement, on n’en connaît pas assez sur les effets à long terme des OGM», dit M. Maguire, directeur de la recherche sur la protection des écosystèmes aquatiques à Environnement Canada.

Le rapport, intitulé Menaces pour les sources d’eau potable et les écosystèmes aquatiques au Canada, dresse une liste de 15 sources possibles de contamination. La menace vise toutes les formes d’eau : lacs, rivières, sources souterraines, nappe phréatique…

Bref, le Canada et le Québec possèdent les plus importantes réserves d’eau douce du monde, mais l’eau devient une denrée précieuse qu’il faut protéger, selon l’étude.

Résidus d’OGM

Jim Maguire insiste : les scientifiques du monde entier s’entendent pour dire qu’il n’existe à ce jour aucun problème de santé humaine lié aux OGM.

«On doit parler d’une menace potentielle à ce stade-ci, et c’est plus vaste que la seule eau potable», explique le scientifique joint à Burlington, en Ontario.

Le rapport, qui fait suite à un colloque regroupant des experts de cinq ministères fédéraux, des provinces et des universités de partout au Canada, note que des résidus d’OGM de toutes sortes se retrouvent dans le sol et dans l’eau.

Des traces d’insecticides et de plants de tabac conçus par le génie génétique ont été retrouvées dans le sol et dans l’eau, selon deux études citées par Environnement Canada.

Bactéries et poissons

«Il faut chercher à connaître les effets potentiels (de ces traces d’OGM) sur les micro-organismes et les invertébrés des sols et des eaux», indique le document.

L’étude s’interroge aussi sur le transfert possible de gènes entre les végétaux génétiquement modifiés et les bactéries présentes dans le sol et dans l’eau.

L’élevage de poissons transgéniques soulève aussi des doutes éthiques. Les gènes modifiés risquent de se transmettre aux espèces naturelles, indique le document.

Le rapport pose d’autres questions troublantes: • «Les OGM pourraient-ils devenir des réservoirs de maladies ou favoriser le transfert de maladies à des espèces indigènes?»
• «La gestion des déchets contenant des OGM pourrait-elle devenir un problème?»


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