Le développeur de jeux vidéo UbiSoft veut que les tribunaux empêchent cinq
de ses ex-employés de travailler dans le nouveau studio montréalais de son compétiteur Electronic Arts.
François Pelland, Antoine Dodens, Hugo Dallaire, Marc Bouchard et Steve Dupont ont démissionné tour à tour de chez UbiSoft au mois de juillet, avant qu’Electronic Arts (EA) n’annonce officiellement l’ouverture d’un studio ici à Montréal.
« Les gens d’EA nous ont fait des offres et comme ça faisait tous un bon bout de temps que nous étions chez UbiSoft, nous avons
décidé de relever le défi », explique François Pelland, designer de niveau et porte-parole des cinq artisans du jeu vidéo.
Lorsqu’elle les avait embauchés, UbiSoft avait cependant fait signer à trois des cinq
employés des contrats comprenant des clauses qui les empêchaient de travailler dans le
domaine du jeu vidéo en Amérique du Nord pendant un an après leur démission.
« Dans un domaine qui bouge autant que le nôtre, un an d’inactivité nous rendrait à peu près inemployables », argue François Pelland.
Alain Tasca, directeur du studio d’EA
à Montréal, déplore cette attitude protectionniste de son compétiteur.
« C’est une pratique qui nuit aux efforts de ceux qui veulent faire de Montréal une plaque tournante du développement du jeu vidéo, dit-il. Les gars ont appris ici et aimeraient rester ici, mais les termes de ce contrat les forceraient à s’exiler hors de l’Amérique du Nord pour pouvoir vivre de leur expertise. »
Le 6 octobre, un juge décidera si les ex-employés d’UbiSoft peuvent travailler pour EA d’ici à la tenue des procédures du tribunal
visant à déterminer si la clause de non-compétitivité est légale. Ces procédures devraient
débuter d’ici au mois de janvier.
UbiSoft s’est refusée à tout commentaire.