Contrairement à la vie réelle, la réalité cybernétique n’est pas mortelle. La folie humaine y sévit avec une gravité infiniment moindre.
Bien sûr, la valse actuelle des virus, vers et troyens ne vise pas le Québec en particulier. Mais comme nous faisons partie du grand cybermarchin universel, nous nous retrouvons frappés aussi durement que si nous habitions Washington, Londres ou Paris. C’est connu, les méchants qui veulent embêter Microsoft nuisent aussi bien aux internautes de Gaspé qu’à ceux de Seattle.
Terrain pollué et miné
Affublée de patronymes aussi exotiques que Sobig, Welchia, Blast, Bugbear, Mimail et Fizzer, la cybermenace est vraiment pernicieuse dans le sens qu’elle commence à ne plus s’intéresser qu’au courriel.
Prenez Blasts. Ce vers se promène sur le Net et scanne nos adresses. S’il en découvre une sans protection, il s’introduit et entreprend son œuvre malfaisante. Vous êtes nombreux (individus ou entreprises) à en avoir été victimes et, parfois, n’avez rien compris aux explications de Symantec pour vous en débarrasser.
Pendant ce temps-là, les plus Schwarzenegger d’entre nous continuent de se promener dehors comme si de rien n’était. Ce sont des gens qui ont appris à réagir et à déjouer la chtouille. Ils savent comment manœuvrer dans le no man’s land et se font très rarement attraper.
Bravo pour ces trompe-la-mort! Ce n’est pas mon cas ni celui, je le suppose, de la très grande majorité des lecteurs de cette chronique, lesquels ont recours à des techniques de protection qui les obligent régulièrement à bricoler leur système.
Et je ne vous parle pas du pourriel qui est en train de tuer à petit feu le principe du courriel. Prenez l’adresse publique que j’utilise dans le cadre de cette chronique, message@nelsondumais.com. Selon la moyenne du dernier mois, le pourriel y constitue plus de 80 % du matériel reçu. J’ai beau utiliser l’excellent filtre anti-pourriel d’Outlook 2003, certains réussissent quand même à passer et, pire, il me faut tous les jours scanner ma poubelle pour récupérer les bons courriels qu’Outlook y a bêtement jetés.
Tout cela pour dire qu’Internet est devenu salement pollué (pop-up, pourriel, pub, etc.) et entièrement miné (virus, vers, troyens et espiongiciels).
Microsoft a beau proposer une marche à suivre pour se prémunir (www.microsoft.com/protect), c’est loin d’être suffisant. La réalité nous démontre que la menace avance plus vite que ne le font les fabricants d’antivirus, de pare-feu et d’anti-pourriels. C’en est effrayant!
Protection gratuite
L’inacceptable va finir par atteindre des sommets et les législateurs nationaux devront statuer. Mais puisque la menace est internationale, ils ne pourront le faire qu’au seul niveau qu’ils contrôlent, celui de la distribution locale. Ils pourront ainsi obliger les fournisseurs de services Internet à protéger leurs clients en configurant des pare-feu, des antivirus et des filtres anti-spam sur leurs serveurs, ce que certains font déjà gratuitement.
Prenez RAV, un excellent antivirus (récemment acquis par Microsoft).
Ce logiciel a permis à mon fournisseur (www.rocler.com) de bloquer plus de 3 000 incidences de Sobig (moyenne de 1 virus par 22 courriels) dans la seule journée du 21 août. Sans compter que sur une base quotidienne, ce fournisseur d’envergure moyenne détruit plus de 20 000 pourriels, autant de messages non désirés qui ne viennent pas polluer ma boîte aux lettres.
Bref, en attendant que légifère l’État, exigez de votre fournisseur qu’il vous protège (antivirus, pare-feu, anti-pourriel) et qu’il le fasse gratuitement – pourquoi faire de l’argent sur la misère du pauvre monde? –, ce qui, pour lui, représente un coût minime. S’il refuse, abandonnez-le et allez ailleurs. En agissant ainsi, vous contribuerez de façon efficace à l’assainissement du Net et, surtout, vous vous débarrasserez d’une partie de votre stress.