Difficile d’imaginer Caroline Julien arpentant les bois en bottes à «caps» d’acier. Avant de créer sa firme de vulgarisation scientifique, elle était pourtant ingénieur forestier.
«Je me suis rendu compte que j’aimais plus être dans la nature que de calculer pour savoir combien d’arbres couper», explique la jeune femme, qui est venue à la conférence d’Hourtin pour tenter une percée sur le marché européen, notamment avec son jeu Les Débrouillards.
Après son baccalauréat en foresterie, Caroline Julien a donc décidé d’aller en chercher un autre en communications.
De là est né son goût pour la transmission des connaissances scientifiques, goût qui a lentement glissé du journalisme à l’entreprenariat.
Si bien qu’en décembre 1999, elle mettait sur pied CREO, une petite boîte qui produit des outils multimédias. « Nous sommes à peu près seuls au Québec qui vulgarisons les sciences avec du multimédia », souligne-t-elle.
170 000 $
Depuis janvier dernier, Mme Julien n’est plus seule à tenir le fort. Afin d’alimenter les activités de l’entreprise, elle a embauché cinq personnes et son chiffre d’affaires est de 170 000 $.
Cette semaine, la femme d’affaires fait de la prospection pour présenter Les Débrouillards dans l’étrange disparition du professeur Scientifix, un jeu d’aventures pour les jeunes de 9 à 12 ans.
La production se fait simultanément en anglais et en français, et le produit sera prêt l’été prochain. «Nous sommes en discussion avec un éditeur pour la commercialisation au Québec», dit-elle.
Marché étranger
Comme le jeu des Débrouillards comptera une version anglaise, Caroline Julien croit qu’il pourrait séduire la clientèle étrangère. «C’est pour ça que je suis allée à une foire à Los Angeles.»
CREO a obtenu une aide de 143 000 $ du Programme québécois multimédia jeunes pour financer l’opération. «C’est dur de faire quelque chose de rentable sans subvention. Et avec les nouvelles coupes, ce sera encore plus difficile de développer des produits de niche.»
Et le fait d’être une femme dans un domaine où il y a plus d’hommes? Rien pour impressionner l’ancien ingénieur en elle. «Ce n’est pas aussi frappant qu’en foresterie. Et ce n’est pas ce qui va m’arrêter. Il faut repousser les barrières.»