Les grandes sociétés de téléphone ont l’obligation de fournir l’accès à Internet haute vitesse à tous ceux qui en font la demande, même s’ils sont clients du service résidentiel de leurs concurrents, a décrété lundi le Conseil de la radiodiffusion et des communications du Canada (CRTC).
Les anciens monopoles — aussi appelés compagnies titulaires — que sont Bell Canada, Aliant Telecom, Sasktel et TELUS devront mettre fin aux restrictions limitant le service d’Internet à large bande à leurs propres abonnés résidentiels. Ces règles internes étaient discriminatoires et constituaient un avantage indu, a jugé le conseil.
«La décision d’aujourd’hui vise à éliminer les obstacles à la concurrence équitable», a déclaré dans un communiqué le président du CRTC, Charles Dalfen. A son avis, la nouvelle politique aura en effet pour conséquence de rendre plus attrayantes les offres des petits fournisseurs de téléphonie locale comme EastLink, GT Groupe Telecom et Call-Net.
Dans des documents déposés au conseil le 17 janvier, cette dernière affirmait que parmi ses clients ayant résilié leur abonnement, 17 pour cent l’avait fait pour obtenir l’accès à Internet haute vitesse de Bell Canada. Par ailleurs, quelque 11 pour cent des clients approchés par Call-Net avaient refusé ses services pour la même raison.
De leur côté, les compagnies titulaires soutenaient qu’elles n’avaient pas d’obligations envers les clients de leurs concurrents. D’après elle, Call-Net et ses semblables auraient dû offrir leur propre service à large bande — par câble ou sans-fil— plutôt que de se fier uniquement au réseau filaire.
Cet argument a été rejeté par le CRTC, qui ne s’est pas non plus laissé influencer par les possibilités de problèmes techniques soulevées par les défenseurs. Si des modifications doivent être apportées au réseau, elles seront aux frais des compagnies titulaires, a précisé l’organisme.
La décision a fait le bonheur du président et chef de la direction de Call-Net, Bill Linton. «Nous sommes très emballés», a-t-il déclaré. Il semble que les marchés le soient aussi, puisque le titre de la société a pris 0,30 $ pour atteindre en après-midi son sommet des 52 dernières semaines, à 4,50 $.
Pour l’analyste Lawrence Surtees, d’IDC Canada, le jugement du CRTC est très important pour l’avenir de l’industrie. «Cela permettra à certaines sociétés d’être enfin viables», a-t-il souligné. D’après lui, quelques entreprises dont Sprint Canada pourraient aussi être tentées de faire une percée dans ce marché. (Source: PC)