Plus l'escargot répand de bave sur son passage sur un «rail» épais, plus il va vite, alors qu'il ralentit s'il en laisse moins en circulant sur une trace plus fine.
Cette observation, qui a longtemps intrigué les biologistes, va être analysée par un groupe de scientifiques américains du Massachusetts Institute of Technology (MIT) qui ont décidé de construire à cette fin un robot-escargot.
Cette première devrait permettre à la fois de mieux comprendre la mécanique du déplacement des escargots et le comportement des fluides à une très petite échelle. A terme, les scientifiques espèrent également que leur projet permette à la médecine de faire des avancées importantes.
«Nous savons bien construire des objets qui se déplacent sur des surfaces planes mais il serait utile qu'ils puissent se déplacer sur tous les types de terrains. Nous utilisons cet escargot mécanique pour mieux comprendre comment le faire», explique Anette Hosoi, professeur assistante de mécanique au MIT. «L'escargot a de nombreux avantages: il n'a qu'un pied, il est petit et il peut se déplacer sur n'importe quoi.»
Avec un autre professeur assistant et un étudiant, elle a passé plusieurs semaines à assembler des engrenages simples, des composants électriques et des pièces de plastique pour créer un escargot mécanique de près de 25 cm de long. Le robot est doté d'une membrane caoutchouteuse et se déplace sur une couche de bave artificielle, qui reproduit les propriétés de la vraie bave: sa viscosité dépend de la force exercée sur elle.
Et même si cette étude ne concerne pas directement la médecine, Anette Hosoi espère qu'elle contribuera à des avancées dans ce secteur, et en particulier dans le domaine des microlaboratoires, qui pourraient être capables de transporter des engins miniatures et des traitements médicaux.
«Des fonctions assurées par des équipements encombrants peuvent être intégrées sur une seule puce de la taille d'un timbre-poste. Cela permet d'économiser de l'argent, de l'espace, du travail et du temps», observe Todd Thorsen, professeur associé au MIT. Il pense ainsi qu'on puisse mettre au point des microlaboratoires capables d'analyser «des dizaines d'éléments» contenus dans une goutte de sang prélevée au bout du doigt. (Source : AP)