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Internet: Kahnawake, centre mondial du gambling

Dominic Fugère – Journal de Montréal
19/06/2003 16h31 - Mise à jour 19/06/2003 16h43

MIT, une entreprise qui a le vent dans les voiles. 

En moins de cinq ans, la réserve mohawk de Kahnawake est devenue l’une des plaques tournantes mondiales du gambling dans Internet. Une aventure qui a permis de créer plus de 300 emplois, dont les deux tiers sont occupés par des gens n’habitant même pas sur la réserve.

Mohawk Internet Technology (MIT) est au Global Interactive Gaming Summit and Expo cette semaine au Palais des Congrès.

L’entreprise, qui appartient en majorité au conseil de bande de Kahnawake, veut convaincre les opérateurs de casinos virtuels présents au congrès d’installer leurs logiciels sur ses serveurs.

Une cinquantaine de casinos en ligne, dont GoldenPalace.com (qui a déjà affiché son logo sur le dos d’Éric Lucas) et Ultimate-bet.com, sont hébergés sur les serveurs de MIT.

«Notre intégrité territoriale et nos droits ancestraux nous ont permis d’établir cette entreprise et, malgré sa nature controversée, elle est maintenant bien acceptée», explique le chef Billy Two Rivers, du conseil de bande de Kahnawake.

MIT a atteint un chiffre d’affaires de 3,5 M$ l’an dernier, tandis que la Commission des loteries et des jeux de Kahnawake a reçu plus de 500 000 $ en frais de licence l’an dernier.

MIT emploie actuellement une quinzaine de personnes. Le nombre monte à près de 300 si on compte celles qui travaillent sur la réserve pour les clients de l’entreprise.

«Nous faisons ce dont rêve encore Bernard Landry avec sa Cité Multimédia», dit le grand chef Joe Norton, président du conseil de bande et président du conseil de MIT.

500 nouveaux emplois

L’entreprise amérindienne se prépare à lancer les travaux sur un nouvel édifice qui accueillera un parc de serveurs et des bureaux pour des casinos virtuels qui veulent une présence sur la réserve.

Le nombre d’emplois engendrés par l’hébergement de sites de jeu en ligne devrait presque tripler, passant à 800. Emplois qui iront, en majorité, à des gens habitant hors de la réserve.

«Nous n’avons pas assez de main-d’œuvre mohawk pour combler tous ces besoins», explique le chef Norton.

Les emplois créés par MIT depuis 1999 ont d’ailleurs aidé à améliorer la relation qu’entretiennent les Mohawks avec les Blancs des communautés environnantes.

«Il n’y a pas de meilleur outil de relations publiques que d’amener du pain et du beurre sur la table de nos voisins», explique le grand chef Norton.

Bonne entente

D’ailleurs, Michael Tobin, un partenaire blanc et chef de l’exploitation de MIT, a été témoin d’un événement attestant de la bonne entente engendrée par les emplois qu’a créés son entreprise.

«Un homme de Châteauguay est allé s’excuser au chef Norton d’avoir lancé des pierres aux Mohawks qui bloquaient le pont Mercier pendant la crise de 1990, relate M. Tobin. Il voulait ainsi remercier les Amérindiens car ses deux fils travaillent chez MIT.»






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