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Montréal: une des capitales mondiales de la porno web

Alexandre Robillard - Journal de Montréal
20/05/2003 10h58 - Mise à jour 20/05/2003 11h25

VIOLET fait des strip-teases sur Internet via une caméra qui diffuse son image vers les ordinateurs des clients. Ci-contre, la publicité de l’entreprise 2Much Internet Services.
 

Les qualités de Montréal dans la production sur Internet font le bonheur des diffuseurs de pornographie, qui la considèrent comme une des capitales mondiales dans ce secteur.

«Les infrastructures technologiques sont performantes et les informaticiens sont renommés», dit Mark Prince, qui dirige 2Much Internet Services, une entreprise qui tire l’essentiel de ses revenus de la porno sur le Web.

Après la Floride, la Californie et Amsterdam, Montréal est selon lui un des endroits les plus dynamiques pour la production porno sur le Web. «La beauté des Montréalaises compte aussi pour beaucoup dans ce succès», dit-il dans son bureau, situé dans le Vieux-Montréal.

Au top 3

Une opinion que partage Faye Sharp, de Trade Show Productions.

«Montréal est certainement dans le top 3 des villes en Amérique du Nord en matière de porno sur le Web», dit-elle.

L’an dernier, cette Américaine de l’Indiana a organisé dans un hôtel du centre-ville un salon où se sont réunis 750 experts et professionnels de l’industrie du porno sur Internet.

Salon

Du 5 au 7 juin prochain, Montréal accueillera de nouveau son salon, Cybernet Expo. «Les gens sont ouverts d’esprit à Montréal. Contrairement à certaines villes américaines, nous ne risquons pas d’affronter des manifestants opposés à notre présence», dit-elle.

Pas étonnant que les sites Web pornos se multiplient dans la métropole.

Offres d'emploi

Les petites annonces des journaux montréalais témoignent d'ailleurs de cette «ouverture d'esprit», avec un grand nombre d'offres d'emplois publiées pour recruter des jeunes filles.

«Un nouveau site porno est démarré chaque jour ici», prétend même celui qui se surnomme Dugmor, un producteur de contenu à l'agence Montreal Model.

Mike Prince constate le même dynamisme. Il affirme d'ailleurs que son chiffre d’affaires a augmenté de 250% au cours des 18 derniers mois, pour atteindre cinq millions de dollars. «Nos coûts d'opérations sont très bas comparé aux États-Unis», dit-il.

Logiciel

En plus des 26 jeunes filles qui font des strip-teases sur son site, Prince a mis au point il y a deux ans un logiciel qui permet de diffuser de la vidéo en temps réel sur Internet.

«Le porno sur le Web constitue un moteur de développement pour la technologie. Celle-ci peut ensuite être utilisée dans d’autres secteurs», dit-il.

Son logiciel demeure cependant surtout populaire auprès des sites pornos.

Strip-teaseuse sur Internet, Violet déplore le tabou

Strip-teaseuse sur Internet, Violet considère que la pornographie ne devrait pas être un tabou.

La jeune fille se cherchait désespérément du travail, il y a un an et demi. Parcourant les petites annonces, l’une d’elles a attiré son attention.

«On demandait des jolies filles pour un site Internet», dit-elle.

Curieuse, celle qui était étudiante à l’époque avait des réticences.

Après un essai chez 2Much Internet Services, la jeune fille s’est dit rassurée.

Chaque semaine, elle travaille en moyenne 20 heures, à un taux horaire de 13,50 $. Violet réussit à augmenter ses revenus grâce à des commissions calculées sur le nombre de clients qui se branchent sur le site.

Elle réussit ainsi à empocher de 100 à 300 $ de commission à chaque quart de travail de cinq heures.

«Je suis fière de mon travail. Par contre, certains de mes amis ne veulent pas en entendre parler. J’aimerais que ça ne soit pas aussi tabou», dit-elle.






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