Depuis un mois, j'utilise une version préliminaire d'Office 2003, la dernière défroque du coffret bureautique de Microsoft, dont le lancement est prévu pour juin prochain. Or, après l'avoir intégré dans mon quotidien, j'ai pu constater qu'il s'agissait d'une mise à niveau majeure par rapport à Office XP, un logiciel en service depuis deux ans.
Office est une synergie de produits, dont Word, Excel, PowerPoint, Access, FrontPage, Publisher et OneNote. En plus de partager une même interface, ces logiciels ont en commun une philosophie d'accès à l'information, une approche basée sur le langage XML, de même qu'une intégration inédite de fonctions collaboratives essentielles aux groupes de travail. Autrement dit, Office est devenu un collecticiel avec en son centre Outlook, un logiciel plus beau et plus complet que jamais.
Pas pour vous ni pour moi
Or, même si l'interface présente de nouvelles rondeurs, de nouvelles couleurs, même si certaines composantes ont été revues en profondeur, même si de nouveaux titres viennent se fédérer dans le coffret, Monsieur et Madame Tout-le-monde ne verront que fort peu de différences par rapport à Office 95/97/2000/XP dans ce qu'ils font avec ces produits. Quant à la petite entreprise, elle verra assez peu d'incitatifs à y migrer en dehors de Publisher, d'Outlook ou de Contact Manager.
Mais il en sera tout autrement pour la grande entreprise, le seul endroit où il y a encore de l'argent à faire avec un coffret bureautique. Microsoft a compris que les gens étaient généralement heureux avec Office 95/97/2000/XP, des logiciels parmi les plus piratés du monde. Sans compter qu'il est possible de trouver sur le Web des coffrets bureautiques à la fois gratuits et satisfaisants, du moins pour vous et moi. Il suffit de taper «free office suites» dans Google pour le constater.
Bref, Microsoft a compris qu'il lui fallait aller frapper aux portes des entreprises où, typiquement, on utilise le collecticiel Lotus Notes (IBM).
Partager l'information
Le message? Démontrer aux décideurs corporatifs qu'Office 2003 n'est pas une mise à jour cosmétique destinée à les saigner inutilement en frais d'acquisition, de déploiement et de formation, mais un collecticiel qui offre les mêmes possibilités de travail en équipe et de partage de l'information que Notes.
Ainsi, parce que tous les logiciels d'Office 2003 arrivent à enregistrer leurs documents en format XML, il devient possible de partager à la grandeur de l'entreprise toute l'information produite avec n'importe quel logiciel. Ce faisant, il devient possible d'optimiser la masse de renseignements, de rendre les procédures plus efficaces et d'augmenter la productivité et l'efficacité des groupes de travail.
La beauté, c'est que tout cela peut se faire sans défoncer ses budgets de formation. Au départ, tous les employés connaissent Microsoft Office. Même ceux qui utilisent Notes. La logique des menus n'a à peu près pas changé en huit ans. Du jour au lendemain, l'employé passe à 2003 sans avoir à angoisser et sans perdre de temps.
Sauf que désormais, ce qu'il produit se retrouve, grâce à la magie du XML (Microsoft.Net), codifié, archivé et accessible partout où il le faut. Et avec FrontPage, un éditeur HTML débarrassé de ses extravagances de codage (du moins à ce que j'ai pu constater), les petites équipes peuvent se fabriquer leurs petits sites Web (XML) qu'elles placent sur l'intranet corporatif ou sur celui de la région, du département ou de la division et qu'elles utilisent dans leur quotidien.
L'argument de vente devient donc: «En ces temps de coupes et de dégraissage, achetez notre logiciel, un produit qui s'intègre aux SAP, PeopleSoft et autres grands progiciels de gestion. Ce faisant, vous économiserez dans vos frais d'exploitation tout en améliorant votre productivité!»
Pas beau, ça?
Reste qu'en ces temps incertains, il est à prévoir qu'on ne se bousculera pas au portillon de Redmond - quoiqu'on pourra être étonné - pour acquérir le nouveau fardier de Tonton Bill. Il s'agit pourtant d'un très beau produit, le premier du genre à être 100 % XML. Bonne chance, Microsoft!