Les consommateurs se méfient encore du commerce électronique

Les craintes liées à la sécurité continuent de ralentir la progression du commerce électronique. Othentik, une toute petite entreprise montréalaise, s’est attaquée au problème.

Consommateurs et commerçants craignent encore la fraude lorsque vient le temps de se mettre au commerce électronique. À peine 8,4% des adultes québécois avaient fait un achat en ligne au cours du dernier mois lorsque sondés pour le compte de l’étude NETendances, en octobre 2002. En revanche, 24,2% avaient effectué une opération bancaire en ligne, un secteur en croissance constante.

«Pour donner confiance aux consommateurs, il faudrait peut-être qu’ils puissent acheter en ligne en passant par leur banque, à qui ils font confiance», avait lancé Éric Lacroix, directeur de la recherche au Centre francophone d’informatisation des entreprises (CEFRIO), en janvier dernier, lors du dévoilement de NETendances.

La solution

C’est précisément ce que propose Othentik. En prime, les internautes peuvent utiliser leur carte de débit plutôt que leur carte de crédit pour acheter en ligne.

La solution Othentik prévoit un partenariat avec les banques et les commerçants en ligne. Lorsqu’il vient pour conclure son achat, l’internaute voit s’afficher une petite fenêtre le dirigeant sur le site de sa banque. En saisissant un nom d’utilisateur et un mot de passe, semblable au NIP, il a accès à son dossier. De là, il n’a qu’à indiquer avec quelle carte il veut payer et approuver la transaction.

La banque procède et envoie un numéro de confirmation au commerçant. C’est tout ce que ce dernier saura. Il ne verra ni votre numéro de carte, ni votre mot de passe.

L’idée a suffisamment de potentiel pour avoir attiré l’œil de Martin Bouchard, président de l’un des joyaux des entreprises technologiques québécoises, Copernic. M. Bouchard siège au conseil d’administration d’Othentik. La solution n’est pas encore commercialisée. «Nous avons des discussions très avancées avec certaines institutions financières», indique Patrick Rioux, président d’Othentik.

Un rapport de l’Association canadienne des paiements, attendu pour le 31 mars, devrait tout faire débloquer. Il établira le cadre réglementaire national des paiements électroniques.

«À ce moment-là, les banques vont se sentir plus justifiées d’adopter un tel système», croit M. Rioux. Les discussions avec les commerçants, elles, vont rondement. «C’est l’aspect le plus facile, selon M. Rioux. Ils adhèrent rapidement, parce que cela les libère enfin de la responsabilité en cas de fraude. À partir du moment où l’usager a accédé à son compte sur le site de sa banque, c’est elle qui devient responsable.»


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