Poussé par le froid extrême et l’absence de neige (à Montréal), je me suis finalement encabané pour me livrer à des activités généralement avouables, dont quelques-unes de nature informatique. Permettez-moi de vous relater, ci-après, la plus sautée d’entre elles.
Dites-vous que dans mon PC, un Pentium 4 de 1,5 GHz avec 1,5 Go de RAM sous Win XP Pro, j’ai installé 9 systèmes d’exploitation, tous déployés, en réseau et en situation d’aller sur le Net. Et dans mon Mac, un G4 à double processeur de 500 MHz avec 1 Go de RAM sous le MacOS 10.2.3, j’en ai installé 7, eux aussi parfaitement ouverts, mis en réseau et en situation d’aller bosser sur le Web.
Pourquoi et comment?
Pourquoi j’ai fait ça? Parce que je me suis mis dans la peau d’un développeur de logiciels voulant tester de façon simple son produit sous toutes les versions de Windows, dans la peau d’un designer de sites qui doit constamment vérifier sous d’autres systèmes ce que donne son œuvre, dans la peau d’un responsable du service après-vente dont les clients utilisent différentes saveurs de systèmes d’exploitation, mais surtout dans la peau d’un gars qui aime s’amuser avec un ordi. Surtout quand il fait horriblement froid.
Comment j’ai fait ça? J’ai d’abord installé Virtual PC 5.1 pour Windows (229 $ US), Virtual PC 6 pour MacOS X (129 $ US) et VMware Workstation 3.2 pour Windows (299 $ US) (www.connectix.com et www.vmware.com). Ce sont des logiciels qui créent des «machines virtuelles» où l’on peut installer n’importe quel système (ou presque). Celles-ci ont l’apparence de fenêtres Mac ou Windows, ayant les caractéristiques d’un écran SVGA en 640 x 480, 600 x 800 (600 x 896 dans le cas de VPC 5.1) ou 1 024 x 768. Il devient ainsi possible d’utiliser une panoplie de systèmes dans un même ordi sans avoir à redémarrer chaque fois qu’on veut passer de l’un à l’autre.
À moins d’acheter des systèmes préparés d’avance comme le fait Connectix, on peut installer ceux qu’on a déjà chez soi, ce qui soulève une question de légalité, la norme Microsoft étant d’une licence par machine. Reste que l’installation se fait alors comme dans la vraie vie. VPC et VMware prennent en charge certains périphériques (CD, disquette, imprimante, USB, etc.) et en émulent d’autres (carte audio, vidéo et réseau).
Beaucoup de RAM nécessaire
Par ailleurs, il faut pouvoir assigner un pourcentage satisfaisant de la RAM totale de l’ordi au système qu’on installe. Évidemment, plus ce pourcentage est élevé, moins il en reste pour les autres. D’où l’intérêt d’avoir beaucoup de mémoire au départ, ce qui est envisageable en ces temps où elle coûte des nèfles.
Ainsi, avec 1,5 Go dans mon PC, j’ai pu octroyer 928 Mo aux machines virtuelles gérées pas VPC, soit 256 Mo pour celle de Win XP Pro, autant pour celle de Win 2000 Pro, 128 Mo dans le cas de Win Me, autant pour Win NT4, 64 Mo pour Win 98SE, autant pour Win 95 et 32 Mo dans le cas de Win 3.11. Et en me réservant 256 Mo pour faire fonctionner le système d’exploitation principal de mon PC (Win XP Pro), il me restait encore 252 Mo à distribuer entre Win NT4 et Win Me, deux autres machines virtuelles déployées, elles, sous VMware. Au total, j’avais ainsi neuf systèmes d’exploitation entièrement opérationnels dans autant de fenêtres ouvertes dans mon PC. À peu près pareil du côté Mac, à la différence que la RAM à partager n’était que d’un petit gig!
La performance est tributaire non seulement de la RAM, mais aussi du processeur. Dans mon cas, Win XP s’est révélé détestable en mode virtuel, comme s’il avait transformé mon P4 en P-II poussif. Encore pire du côté Mac, Win XP a littéralement fait râler les deux processeurs. À l’opposé, Win 2000 et Win NT 4 (tant du côté Mac que PC) m’ont offert un rendement très acceptable.
VMware fonctionne sous Windows NT/2000/XP ou sous Linux et permet de gérer des sessions Win XP, 2000, NT, 9X, 3X, DOS 6, Linux et FreeBSD. Pour sa part, VPC s’installe sous MacOS, Windows ou OS/2 et permet d’ouvrir des sessions XP, 2000, NT, 9X et 3X, de même que DOS, Linux, Solaris, NetWare et OS/2.
Vivement le beau temps! Faut vraiment que j’aille prendre l’air!