Un jeune homme de Phoenix, en Arizona, est mort d’une surdose sous les yeux d’internautes avec qui il chattait, filmé par une webcam.
Le 12 janvier vers 2 h du matin, Brandon Vedas, alias Ripper, 21 ans, s’installe devant son ordinateur avec un joint, un 26 onces de rhum et une panoplie d’antidépresseurs.
Dans la chambre voisine, sa mère dort.
Brandon se rend sur son canal favori, shroomery, où les jeunes discutent de champignons magiques et autres substances hallucinogènes.
Les copains se connectent à sa webcam et passent leurs commandes.
«Prends une pilule. Non, prends-en mille», lance un dénommé grphish. «Ce n’est pas assez. J’avale ça chaque matin au déjeuner», ajoute smoke2k. «Ripper, tu devrais tenter de trépasser devant la caméra», demande un autre.
Cela dure plus d’une heure. Brandon ingurgite Klonopin, Restoril, Inderal et Vicodin, en plus du joint et du rhum.
«Je vous avais dit que j’étais fait fort…» 3 h 04, ce furent ces derniers mots, avant de s’effondrer sur son lit.
Ce n’est qu’à ce moment que ses «amis» ont commencé à s’inquiéter. Ils ont tenté de trouver les coordonnées de Ripper à partir de son inscription au chat. Mais comme tout le monde, il utilisait de fausses coordonnées. Ils n’ont rien fait de plus.
Inquiète car il devait aller travailler, au département d’informatique de l’université de l’Arizona, sa mère est allée le réveiller, mais il n’a pas bronché.
«C’est incroyable, comment peut-on se dissocier de la réalité, voir quelqu’un se tuer et rester assis là?» se questionne Richard, le père de Brandon, scandalisé.
«Il n’y a rien de criminel. Des gens le regardaient, l’encourageaient sur Internet, mais ce qu’il a fait, il l’a fait lui-même», a déclaré un enquêteur de Phoenix.
Vedas était dépressif, son médecin lui aurait prescrit tous ces médicaments. Celui-ci a refusé de commenter l’affaire.
Aux États-Unis en 2001, il y a eu plus de surdoses causées par des médicaments que par l’héroïne. (D’après The Arizona Republic et The New York Daily News)