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Loto-Québec mise sur les loteries multimédia

Marco Fortier - Journal de Montréal
28/01/2003 16h37 - Mise à jour 31/01/2003 11h19

 

Forcée de retirer du marché le tiers des machines à vidéopoker, Loto-Québec donne un coup de barre pour développer le marché des loteries sur cédérom, qui cible les jeunes de 18 à 34 ans.

Sans faire de bruit, la société d’État vient de lancer un appel d’offres pour «tester» une série de nouveaux jeux multimédia qui seront lancés dans la prochaine année.

Loto-Québec compte créer trois nouvelles loteries sur cédérom en 2003, après en avoir mis sur le marché une demi-douzaine en trois ans.

Concept simple

Le concept des loteries multimédia est simple: on achète un jeu vidéo sur disque (cédérom) au dépanneur. On met le disque dans un ordinateur, on joue — au golf, par exemple — et on peut gagner jusqu’à 25 000 $. Ou rien du tout, la plupart du temps.

Les loteries par cédérom représentent une goutte d’eau dans l’océan pour Loto-Québec, avec des ventes de 9,4 à 11,2 millions par année au Québec. Les vidéopokers (1,07 milliard) et les loteries traditionnelles (1,8 milliard) rapportent beaucoup plus que les jeux sur CD-ROM.

Exportations

Mais au moment où le gouvernement Landry s’apprête à forcer Loto-Québec à mettre au rancart 3370 machines à vidéopoker tout en lui demandant de produire des profits, la société d’État cherche à développer de nouveaux marchés.

«En loterie, les nouvelles idées sont rares. Comme nous avons inventé les loteries multimédia et que nous détenons un brevet mondial, le potentiel est presque illimité», dit Jean-Pierre Roy, porte-parole de Loto-Québec.

Ces loteries, comme Mini-golf, Trésors de la Tour, Mot Mystère, Mozaic et Trio Royal, se retrouvent non seulement au Québec, mais aussi en Belgique, en Suisse Romande, au Portugal, dans trois États américains et dans l’Ouest canadien, indique M. Roy.

Jeunes vulnérables

Les groupes de soutien aux joueurs compulsifs disent rencontrer très peu «d’accros» aux loteries sur cédérom, qui existent depuis à peine trois ans. Les vidéopokers créent la vaste majorité des cas de dépendance.

Mais des experts s’inquiètent du risque de dépendance à ces loteries vidéo chez les jeunes.

Illusion

«Ce type de jeu vidéo donne l’illusion aux participants qu’ils augmentent leurs chances de gagner en devenant plus habiles. Mais c’est comme n’importe quelle autre loterie: le billet est gagnant ou perdant dès le départ, peu importe si le joueur est bon ou non», dit Christian Carpenter, coordonnateur au centre Dollard-Cormier, qui traite les joueurs compulsifs à Montréal.

Sylvie Lapierre, directrice clinique à la maison Claude-Bilodeau, à Sainte-Marie-de-Beauce, craint que les loteries par cédérom amènent les jeunes vers des formes plus graves de dépendances.

«Les jeunes font le tour assez vite des jeux vidéo. Une fois qu’ils sont tannés de la loterie sur cédérom, ça peut les amener à sortir de chez eux et à aller au casino», dit Mme Lapierre.






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