On connaissait déjà le risque accru d’accident chez les utilisateurs de cellulaire au volant. On sait maintenant que ces personnes commettent nettement plus d’infractions au Code de la route que les conducteurs qui n’ont pas de téléphone dans leur véhicule.
«Nous avons découvert que les utilisateurs de cellulaires brûlaient davantage de feux rouges, faisaient davantage d’excès de vitesse et d’arrêts incomplets, parce qu’ils sont moins concentrés sur la route. Une conversation au téléphone cellulaire demande la concentration du conducteur; par conséquent, l’utilisation du
téléphone mains libres ne règle pas tous les
problèmes.
«Certaines personnes fixent des rendez-vous ou parlent avec leur courtier en conduisant dans les rues à haute circulation ou sur les voies rapides», fait valoir le chercheur Urs R. Maag, du centre de recherche sur les transports de l’Université de Montréal.
L’équipe du professeur Maag a observé un risque d’accident de la route deux fois plus grand chez les gros utilisateurs de téléphone sans fil (de 200 à 300 appels par mois) que chez les petits utilisateurs. À partir d’un questionnaire auprès de 36 078 conducteurs, les chercheurs ont montré que l’utilisation du téléphone cellulaire est considérée comme très nuisible à la conduite, au même titre d’ailleurs que de s’occuper d’enfants en voiture.
Moins risqué de fumer
En comparaison, les conducteurs ont moins de risque de collision en fumant, en conversant avec un passager ou en écoutant la radio. « Lorsque le téléphone est ouvert, le conducteur n’a aucun contrôle sur la réception des appels qui peuvent survenir à tout moment. À 72 km/h, on parcourt 20 m à la seconde; par conséquent, on peut arriver rapidement dans le pare-chocs d’un autre véhicule. L’écoute de la radio ne nécessite pas un grand effort cognitif, comparativement à une conversation au téléphone, qui devient alors un élément important de distraction au volant», note M. Maag.
Messages sur écran
Ce dernier s’inquiète particulièrement de l’arrivée des nouvelles technologies sans fil, encore plus dangereuses, selon lui, pour la conduite automobile.
Le chercheur pense entre autres au téléphone cellulaire permettant de regarder ses messages électroniques, d’envoyer des courriels, ou encore aux appareils de positionnement géographique, dont l’écran retient l’attention visuelle, la chose la plus importante en conduite automobile.