Les intervenants du multimédia québécois sont ouverts à l’idée de mettre un terme aux généreuses subventions dont ils font l’objet, du moins sous leur forme actuelle. Leur message au gouvernement du Québec: «Achetez plutôt nos produits!»
«Les crédits d’impôt de la Cité multimédia, entre autres, étaient là pour développer la main-d’œuvre, explique Alain Aubut, président de l’Alliance numériQC, principal regroupement de l’industrie. C’était très bon, et l’objectif a été atteint: l’industrie a une bonne infrastructure. Il est maintenant temps de réaligner les programmes sur les contenus numériques francophones, qui sont en crise.
«Nous avons la capacité de production, les familles et les écoles sont branchées, mais elles doivent apprendre l’histoire du Québec avec Encarta (un produit américain), au lieu d’un produit québécois.»
Appui des investisseurs
M. Aubut est soutenu dans ses revendications par Hubert Manseau, PDG d’Innovatech du Grand Montréal, et Marcel Choquette, PDG du Fonds d’investissement de la culture et des communications, deux importants investisseurs en capital de risque dans cette industrie.
«Le gouvernement vous a fait une Cité, il vous a donné des subventions, mais il ne vous achète pas», a lancé hier M. Manseau devant des dizaines d’intervenants réunis pour le forum Financement et entrepreneurship numériQC.
Selon lui, l’habitude des subventions a inculqué de mauvais plis à certains entrepreneurs, devenus plus habiles à quémander des subventions qu’à vendre leurs produits. «Grâce aux subventions, ils vont réussir à faire deux ou trois produits, mais ça ne fera jamais des grosses business.»
Pour sa part, M. Choquette n’accepte pas que le Ministère n’ait toujours pas officiellement approuvé le moindre logiciel multimédia en tant qu’outil d’apprentissage, et ce, même si certaines entreprises d’ici conçoivent des produits vendus aux gouvernements des provinces de l’Ouest.
Il a lancé un message clair aux fonctionnaires du ministère de l’Éducation: «Décidez, et décidez vite!»