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À la défense des hyperliens

Canoë  Benoit Bisson - Canoë
22/08/2002 10h20 

Un professeur de droit américain défie un nombre grandissant d'entreprises qui veulent bannir les hyperliens.

Le débat ne date pas d'hier. À quelques reprises au cours des dernières années, diverses compagnies ont tenté d'obtenir des décisions juridiques interdisant telle ou telle compagnie concurrente - tout comme des particuliers - de présenter des hyperliens menant directement au contenu de leurs sites.

Le mois dernier, une cour hollandaise a jugé que les liens d'un site, menant vers les nouvelles contenues dans le site d'un autre média, devait être interdit. Le jugement se base sur le fait qu'il s'agit ici de protéger les droits d'auteurs du site où menaient les liens.

Des cas similaires ont aussi été entendus par les tribunaux en Écosse et aux États-Unis, résultant généralement par une interdiction par la cour d'avoir des liens menant vers un contenu protégé par les droits d'auteurs.

Cependant, ces interdictions irritent les inconditionnels d'Internet, qui voient les hyperliens comme une composante de base d'Internet.

Selon David Sorkin, professeur de droit du John Marshall Law School de Chicago, il s'agit d'une interdiction ridicule. C'est pourquoi il a entrepris d'attirer l'attention sur le fait. Il a donc créé un site Internet, www.dontlink.com, qui défie les politiques anti-hyperliens en liant à des compagnies qui cherchent à interdire cette pratique.

En visitant le site en question, on retrouve donc des hyperliens à la Société américaine du cancer, au Chicago Tribune et à la National Public Radio, entre autres. Il y fait aussi mention des politiques énoncées par plusieurs sites concernant les hyperliens, plusieurs allant du ridicule au farfelu. Il est cependant clair, dans beaucoup de cas présentés, que les objections aux liens touchent spécifiquement une pratique que l'on appelle «deep linking», c'est-à-dire des liens en profondeur, menant directement à un texte à l'intérieur d'un site, plutôt qu'un lien menant à la page d'accueil du site en question.

Si l'argument légal présenté par les opposants est axé sur les droits d'auteurs, dans les faits il s'agit souvent de canaliser la circulation dans un site de façon à ce que les annonceurs ne perdent pas leur visibilité - et que le site ne perde pas les revenus s'y rattachant. En liant directement à une nouvelle, il est bien certain que les annonceurs de la 'une' prêchent dans le désert.

Le professeur Sorkin n'a pas encore reçu une seule plainte formelle des compagnies avec lesquelles il a des hyperliens dans son site. Comme il le souligne, «peut-être que lorsqu'ils voient que je suis un professeur de droit, ils y pensent à deux fois avant de me combattre.»








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