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Musique & Cinéma: pirater les pirates?

Canoë  Benoit Bisson - Canoë
26/07/2002 11h39 - Mise à jour 26/07/2002 15h05

Un projet de loi présentement devant le congrès américain donnerait des pouvoirs sans précédent à l’industrie du divertissement.

Si le projet de loi déposé par le représentant démocrate Howard L. Berman, de Californie devait être adopté, il permettrait littéralement à l’industrie de se faire justice elle-même, tant en attaquant les réseaux «peer-to-peer» que leurs utilisateurs s’ils sont pris à télécharger du matériel protégé par droits d’auteurs.

Il faut dire qu’avec la prolifération de connections haute vitesse, ce n’est plus seulement l’industrie de la musique qui se sent menacée, mais aussi Hollywood et l’industrie cinématographique toute entière. «Il n’y a pas d’excuse ou de justification pour ce piratage» souligne le représentant Berman. «Que l’on vole un CD dans un magasin ou que l’on télécharge une chanson illégalement, un vol demeure un vol.»

Présentement, l’industrie doit retracer les fautifs individuellement, puis persuader leur fournisseur Internet d’intervenir. On sait aussi qu’il y a eu – et qu’il y a encore – une utilisation de fichiers bidons, disséminés à travers les réseaux «peer-to-peer» afin d’en frustrer les utilisateurs.

Dans les faits, comme l’industrie du divertissement n’a pas réussi à faire contrôler ses produits par l’industrie informatique – on demandait ni plus ni moins aux fabricants d’empêcher la copie de musique ou vidéo! – elle tente maintenant de se faire donner le pouvoir d’être sa propre police.

Hilary Rosen, de la Recording Industry Association of America, considère le projet de loi Berman «une approche innovatrice pour combattre le sérieux problème du piratage dans Internet.»

Berman dit que son projet de loi ne permettra pas à l’industrie de répandre des virus à travers des réseaux d’échanges de fichiers, ni de détruire des fichiers ou pirater les données personnelles d’un utilisateur.

Toutefois, les experts soulignent que la formulation du projet permet l’intrusion dans les fichiers audio et vidéo d’un consommateur ainsi que des attaques capables d’interrompre la connection d’un utilisateur.

La proposition aurait aussi pour effet d’éliminer les pénalités civiles et criminelles contre les companies de divertissement qui interviennent pour empêcher les échanges informatiques de chansons ou films piratés.

Même s’il est encore tôt dans le processus et même si le projet de loi a encore beaucoup d’étapes à franchir avant d’être adopté, il n’en demeure pas moins que l’industrie augmente la pression pour que des actions concrètes soient prises pour contrer le piratage.

D’ailleurs le lobbying et le financement politique sont toujours parmi les méthodes privilégiées, comme en témoignent des contributions de près de 200 000 $ au représentant Berman – qui pilote le projet de loi – dont plus de 30 000 $ de Walt Disney Co. et près de 30 000 $ de AOL Time Warner Inc.

(Source: AP)








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