(AFP) - Microsoft et les neuf États américains en procès ont fait un dernier effort mercredi à Washington pour convaincre la justice du bien-fondé de leurs positions respectives, concluant trois mois d'audience qui devraient déboucher sur un jugement dans le courant de l'été.
Les sanctions réclamées par les États «n'ont pas pour but de mettre fin à l'innovation par Microsoft» mais de «créer des conditions par lesquelles les perspectives pour la concurrence ont été rétablies», a affirmé Steven Kuney, avocat des États, devant la juge fédérale Colleen Kollar-Kotelly, lors des plaidoiries finales.
«Ils (Microsoft) peuvent s'adapter», a renchéri Brendan Sullivan, autre avocat des plaignants, estimant que le jugement requis était «ferme et équitable».
«Nous ne prétendons pas être à l'abri de la loi», mais les demandes des Etats causeraient «un tort permanent aux consommateurs», a pour sa part fait valoir John Warden, avocat de Microsoft.
Selon lui, les sanctions réclamées par les États «détruiraient l'équilibre obtenu» avec l'accord à l'amiable conclu en novembre entre le numéro un mondial des logiciels, le département de la Justice et neuf autres États.
Deux des chefs de file des poursuites contre Microsoft étaient présents dans la salle d'audience mercredi. Tom Miller, attorney general (ministre de la Justice) de l'État de l'Iowa, et Richard Blumenthal, son homologue du Connecticut. Les autres États associés à la plainte sont la Californie, la Floride, le Kansas, le Massachusetts, le Minnesota, l'Utah, et la Virginie occidentale, ainsi que le District de Columbia, nom administratif de la capitale fédérale Washington.
Une tâche volumineuse attend la juge Kollar-Kotelly qui doit maintenant se plonger dans des milliers de pages de compte-rendus d'audiences et de documents à charge, sans compter le millier de feuillets de conclusions sur le procès déposés la semaine dernière par les deux parties auprès de la Cour.
Elle doit décider quelles sanctions sont appropriées contre Microsoft, et si des sanctions supplémentaires sont nécessaires par rapport à celles prévues dans l'accord amiable de novembre.
«Nous ne sommes pas intéressés par l'argument qui veut qu'ils (Microsoft) savent tout mieux que les autres, que ce qui est bon pour Microsoft est bon pour le reste du monde», a souligné Steven Kuney.
«Ce n'est pas une tâche facile de concevoir des sanctions dans cette affaire», mais «la première chose que vous avez à faire c'est de changer le champ d'action des sanctions», a déclaré l'avocat.
Les États, qui avaient rejeté en novembre l'accord à l'amiable conclu entre Microsoft et le gouvernement américain, veulent que les sanctions soient élargies au delà du domaine de l'ordinateur personnel, pour recouvrir les technologies du futur comme les appareils électroniques portables, les serveurs, et la télévision interactive.
En réponse à une demande de la juge, Steven Kuney a indiqué que «la priorité numéro un» des États était d'obtenir de Microsoft qu'il fournisse aux éditeurs de logiciels et autres partenaires toutes les informations techniques nécessaires pour que leurs produits soient compatibles avec son système d'exploitation Windows.
Jusqu'à présent, les États avaient concentré leurs efforts sur l'obligation réclamée à Microsoft d'offrir une version «modulable» de Windows.
Celle-ci serait personnalisée selon les souhaits des utilisateurs, en plus de la version traditionnelle incluant d'autres fonctions comme la navigation sur l'internet et la messagerie.