Un économiste américain, Edward Leamer, de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), le pense. Il se demande si Internet, avec sa flopée de promotions et de ristournes pour les consommateurs, ne nuirait pas à la reprise de l'économie américaine.
Alors que la première économie mondiale lutte pour se sortir de la récession, voiulà qu’Internet permet aux consommateurs d’avoir accès à des produits gratuits, des promotions à n’en plus finir et des ristournes.
Dans un entretien téléphonique avec l’agence Reuters, l’économiste, auteur de données économiques trimestrielles très respectés dans le milieu des affaires, se demande si les bénéfices des entreprises ne sont pas toutes liquidées dans la nouvelle économie.
Si Internet a contribué à la productivité, il constitue peut-être aussi la raison pour laquelle les bénéfices des sociétés américaines se sont effondrés à la fin des années 90. C’est une des raisons qui amène Eward Leamer à postuler qu’il est possible qu’Internet ait «réduit les profits des sociétés en transformant leurs bénéfices en économies pour les consommateurs», peut-lire dans la dépêche de l’agence.
Le web permettrait ainsi aux consommateurs de faire des économies, mais pas aux entreprises de couvrir leurs frais d’exploitation.
On ressent beaucoup des effets dans les industries comme l’hôtellerie, le voyage, l’automobile et les produits sans fil, lequel secteur et d’ailleurs directement touché par Internet quant à ses parts de marchés et ses résultats financiers, selon l’économiste.
Pour étayer sa thèse, il explique que lorsqu’un voyagiste propose des rabais, Internet permet à tous les consommateurs d’en entendre parler dans les minutes qui suivent, obligeant les autres voyagistes à faire de même. Cela réduit d’autant leur marge bénéficiaire.
En fait, toutes les compagnies présentes sur le web ont une pression énorme pour être concurentielles dans leurs prix. Moins de bénéfices, moins d’investissements, et donc moins de croissance pour l’économie.
Tous ne sont pas d’accord avec cette idée. Alan Greenspan, le patron de la Réserve fédérale américaine, a déjà affirmé que les gains de productivité engendrés par les nouvelles technologies ont permis à l'économie américaine de se développer durant les années 90 sans menace d'inflation.
De plus, la productivité accrue dont plusieurs autres secteurs bénéficient pourrait compenser les effets négatifs ressentis dans certains autres.
M. Leamer, qui ne prétend pas avoir l’explication universelle, fait valoir qu’en examinant de près où sont allés tous les bénéfices des entreprises dans les dernières années, on pourrait bien en arriver à la même conclusion.
Mais peut-être pas non plus.