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L'accès haut débit a besoin de contenus pour être popularisé en Europe

Canoë 
28/02/2002 17h45 

(AFP) L'accès Internet haut débit parviendra à percer chez les particuliers en Europe à condition qu'apparaissent des contenus nouveaux et attrayants et que les tarifs baissent, estiment analystes et industriels du secteur.

L'annonce mardi par l'opérateur britannique BT Group de la baisse de 40% de ses tarifs de gros via l'ADSL (lignes téléphoniques) a été saluée par plusieurs fournisseurs d'accès à Internet qui ont réagi en révisant le prix de leur offre aux particuliers.

Freeserve (Wanadoo, filiale de France Télécom) baissera à compter d'avril le prix de son offre ADSL de 10 livres à 30 livres (68 $CA), Pipex proposera une première offre à 23,44 livres (53 $CA) et Griffin à 26,43 livres (60 $CA).

Particularité de la Grande-Bretagne, les câblo-opérateurs sont en position de force sur le marché du haut débit, grâce aux tarifs agressifs (à partir de 25 livres, soit 57 $CA) existant avant la décision de BT.

En France, les principaux fournisseurs d'accès vendent leurs offres ADSL à environ 45 euros par mois (62 $CA), hors coût du modem. Les câblo-opérateurs, qui représentent un tiers du marché, offrent des abonnements mensuels à des tarifs équivalents pour des débits comparables.

La Grande Bretagne fait figure de lanterne rouge

La Grande Bretagne fait figure de lanterne rouge de l'accès Internet à haut débit en Europe, avec environ 350 000 foyers connectés (1% des foyers) contre 700 000 en France fin 2001 et deux millions en Allemagne, selon les chiffres de l'ECTA (European competitive telecommunications association) et des Baromètres Multimédia de Médiamétrie.

Dans une étude publiée début février, l'institut Gartner G2 estimait que moins de 10% des foyers en Allemagne, France et Grande-Bretagne seraient équipés d'un accès au haut débit d'ici 2005 si les prix ne baissaient pas.

«En l'absence de contenus de qualité, notre étude prouve que les consommateurs sont très sensibles au prix. Pour parvenir à développer le haut débit, il faudra abaisser les prix de 45-60 euros par mois actuellement à moins de 30 euros», estime Adam Daum, analyste de GartnerG2.

Plus optimiste, l'Idate (Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe) table sur au moins 47 millions de foyers connectés d'ici 2006, soit un taux de pénétration de 35%.

Le marché de l'ADSL est dominé à 90% voire 95% par les opérateurs historiques qui ont profité de la lenteur d'ouverture à la concurrence (dégroupage) des réseaux téléphoniques locaux, note l'institut.

«L'absence d'opérateur de télécommunication alternatif nous empêche de jouer sur le levier des tarifs d'abonnement», avance Marie Christine Levet, PDG de T-Online France, qui demande aux pouvoirs publics de pousser France Télécom à baisser ses tarifs de gros.

La France fait figure de «havre de paix» pour la concurrence et Wanadoo a prouvé qu'il était «possible, bien que cela soit coûteux et difficile» d'être présent aux côtés de l'opérateur historique, déclarait le PDG du groupe Nicolas Dufourcq, lors de la présentation des résultats de la société.

«Les opérateurs large bande de l'ADSL doivent mettre en avant les services qui ne peuvent fonctionner qu'avec une connexion haut débit. Le jeu en ligne, la vidéo à la demande, les services voix et média seront essentiels dans le développement du haut débit européen», avance l'institut Frost and Sullivan.

Copyright © 2002 AFP








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