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Une coopérative sur le Web

Canoë 
26/02/2002 17h45 

La coopération va bon train sur le Web. La Toile des communicateurs, se décrivant comme une coopérative qui propose un modèle à la fois social, économique et technologique, est maintenant lancée. Et la communauté professionnelle virtuelle qu’elle propose pourrait bien être utile à plus d’un.

La Toile des communicateurs sert de forum, de lieu d’échange, de répertoire professionnel et de bien d’autres choses encore; tout dépendra de ce que les membres –qui deviennent des citoyens– exprimeront comme attente.

La présidente du conseil d’administration, Christine Hernadez, souligne que c’est l’aspect coopératif qui doit retenir l’attention. «Il ne s’agit pas de faire des profits ou alors, s’il devait y avoir des bénéfices, ce serait aux coopérants –les citoyens de la communauté qui achètent des parts— de décider ce qu’on en ferait.» Comme dans toutes les coopératives, en fait.

Régie par un «Conseil des ministres» de douze personnes élues par les membres, la coopérative offre un éventail de services qui comprend notamment un espace libre de discussions et d’échanges sur le monde de la communication et un lieu de rendez-vous qui sera, espère-t-on, «un lieu de réflexion sur les enjeux de notre profession.»

C’est le répertoire des entreprises créé par Rebelles, une boîte de marketing numérique, qui est à l’origine de la première mouture de la Toile des communicateurs.

Mais puisque l’outil devenait trop lourd à gérer pour la compagnie dont ce n’est pas l’activité principale, en plus du paradoxe qui faisait que Rebelles proposait un annuaire recensant ses compétiteurs, l’idée d’une coopérative a fait son chemin.

Conférer un statut juridique de coopérative à l’initiative est une première pour une association professionnelle, selon Christine Hernandez. «Nous ne connaissons pas d’autres services de ce type pour les mouvements de la nouvelle économie, surtout si on parle de communauté virtuelle.»

L’utilité d’une telle initiative est double: on offre la possibilité aux 18 000 membres de contribuer à l’esprit du réseau tout en leur permettant d’en retirer des bénéfices. «S’il devait arriver que de quelconque profits soient dégagés de l’opération, les membres obtiendraient alors une ristourne, déterminée en proportion de leurs contributions à la Toile.» Ainsi, plus un membre participe aux forums, utilise les outils et consulte les ressources, plus il pourra bénéficier des ristournes.

La formule coopérative, déjà en vigueur chez Desjardins par exemple, a ceci de singulier que plus les gens participent, plus la Toile gagne en crédibilité, selon Mme Hernadez. «Quand les gens font des contributions sur l’état des choses, proposent de la documentation aux collègues ou participent aux causeries d’experts que nous tiendrons, c’est toute la communauté qui bénéficie de l’expérience. Du coup, on peut devenir une ressource par et pour les membres, mais aussi pour la collectivité.»

Ultimement, la Toile des communicateurs pourrait devenir l’interlocuteur des communicateurs. Pour faire le point sur les enjeux, sur les stratégies à adopter face à telle ou telle situation, la Toile des communicateurs fera appel à sa communauté et articulera ainsi des positions, des objectifs, des constats. «Tous les communicateurs, des publicitaires aux journalistes en passant par les étudiants, sont invités à participer.»

Mais quels seront les enjeux auxquels la Toile, comme espace de réflexion, s’attaquera? «Ce sera aux utilisateurs de le choisir. Notre mission est d’abord d’offrir un lieu d’échanges. Par la suite, les utilisateurs eux-mêmes décideront des dossiers que la Toile devra traiter en priorité», poursuit Mme Hernandez.

Un des aspects intéressants de cette communauté virtuelle, c’est qu’en plus d’offrir les services habituels –forums, répertoires, nouvelles, réseautage, agendas personnels, etc.— elle permettra à ses membres de bénéficier d’outils collaboratifs.

«Les gens pourront travailler sur les même projets en temps réel, depuis leurs bureaux respectifs», ajoute Christian Guy, vice-premier ministre de la coopérative et, incidemment, un des fondateurs de Netgraphe [éditeur de Multimédium]. C’est la suite communautique K2, développée par Vertical 7 dont M. Guy est le président, qui est ici sollicitée. «Les coopérants qui travaillent sur des projets conjoints auront accès à des suite logicielles avec lesquelles ils pourront se coordonner», explique Christian Guy.

Comme toute communauté virtuelle, la Toile offre aussi la possibilité aux coopérants de se créer leur propre communauté, de laquelle ils pourront travailler sur des projets, des outils ou échanger des infos. Un gigantesque intranet pour les 18 000 communicateurs qui en sont déjà membres, en somme. «Ce n’est pas l’argent qui est notre moteur, mais bien la coopération entre les différents individus qui, selon leurs goûts et leurs besoins, pourront contribuer à faire grandir la communauté.»

Jean-François Parent








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