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Le nouvel homme fort d'IBM hérite d'un géant

Canoë 
30/01/2002 17h43 

(AFP) Le nouveau PDG du géant informatique américain IBM, Samuel Palmisano, nommé mardi, hérite d'un groupe au palmarès prestigieux qui, après avoir frôlé la débâcle au début des années 90, aligne chaque année 7 à 8 milliards de dollars de bénéfices et un nombre record de brevets.

«Sam» Palmisano, actuel numéro deux de la compagnie, succèdera le 1er mars à Louis Gerstner qui, à 59 ans, ne souhaitait pas prolonger son mandat.

Le nouvel homme fort d'IBM, âgé de 50 ans, est entré dans le groupe comme simple représentant en 1973. Après avoir occupé des postes de haut rang en Asie, il a dirigé plusieurs divisions, dont celles des services et des serveurs.

«Au cours des dix dernières années, Sam Palmisano a assumé nombre de défis parmi les plus importants d'IBM, du développement de l'activité de services à la transformation de notre ligne de serveurs», a déclaré Louis Gerstner.

«Son mélange unique de vision stratégique, de passion et de discipline, associés à sa connaissance intime d'IBM, en font la bonne personne pour devenir le prochain PDG d'IBM», a-t-il ajouté.

La nomination, sans surprise — Sam Palmisano faisait figure de dauphin depuis qu'il était devenu directeur général, soit No 2, en 2000 — ne devrait pas conduire à des changements majeurs, selon les analystes.

Elle n'en marque pas moins l'entrée dans une nouvelle ère pour «Big Blue» — le surnom de la compagnie — après le travail de titan engagé par Louis Gerstner pour la sortir de l'ornière.

PDG d'IBM depuis 1993, il laisse à son successeur un puissant héritage. Sous sa houlette, «Big Blue», qui cumulait des milliards de dollars de pertes et passait pour le dinosaure de l'informatique, s'est transformé en un groupe performant, moderne et forçant le respect.

Pour ce faire, Louis Gerstner, venu du groupe alimentaire RJR Nabisco, a utilisé les méthodes fortes. Il a supprimé des dizaines de milliers d'emplois, arrêté les activités déficitaires et bousculé une culture d'entreprise très traditionnelle.

Le groupe s'est diversifié dans les services informatiques aux entreprises, un segment à plus forte marge, et les logiciels de gestion, là où d'autres concurrents sont restés plus dépendants du PC, un marché qui s'essouffle, ou ont trop misé sur Internet.

En 2001, il a ainsi réalisé un bénéfice net de 7,71 milliards de dollars pour un chiffre d'affaires de 85,8 milliards. Le redressement, spectaculaire, a été salué par des performances météoriques à Wall Street.

Depuis 1993, l'action a augmenté de plus de 800%, passant de 12 dollars à plus de 100 dollars, quand l'ensemble de l'indice du SP 500 gagnait 150% seulement.

En 2001, pour la 9ème année consécutive, IBM a déposé le plus grand nombre de brevets — soit un record de 3411 — parmi les compagnies américaines.

«J'ai beaucoup de chances de succéder à Lou Gerstner en tant que PDG. Contre tous les pronostics, il a extirpé IBM de sa période la plus sombre», a souligné le nouveau PDG à l'unisson des analystes.

Le PDG sortant n'a pas dit pour autant son dernier mot puisqu'il continuera à présider le conseil d'administration jusqu'à la fin 2002 et pourrait ensuite rester consultant pour le groupe.

«C'est une bonne nouvelle dans la mesure où cela va permettre une transition progressive (..) Le départ de Louis Gerstner est une moins bonne nouvelle en revanche pour l'action IBM compte-tenu du succès de son règne», notait mardi la banque d'affaires Merrill Lynch dans une note d'analyse.

L'action a perdu de facto 4,76% ou 5,15 dollars à 103 dollars mardi.

«Palmisano a la réputation de réduire les coûts et de savoir diriger. Nous avons confiance dans son aptitude à maintenir IBM sur le bon chemin stratégique», a toutefois ajouté Merrill Lynch.

Copyright © 2002 AFP








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