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Comcast met la main sur AT&T Broadband

Canoë 
20/12/2001 17h42 

(AFP) Le câblo-opérateur américain Comcast a remporté la bataille pour le rachat d'AT&T Broadband et devient ainsi le nouveau géant du câble aux États-Unis, avec plus de 22 millions d'abonnés, à la mesure de ses interlocuteurs, de News Corp à Vivendi Universal.

À l'issue de cinq mois de suspense, le groupe de télécommunications américain AT&T a décidé mercredi de céder sa filiale AT&T Broadband, premier câblo-opérateur américain, à Comcast dans une transaction évaluée à 72 milliards $US (113,5 milliards $CA).

Comcast va payer l'équivalent de 47 milliards $US (74,1 milliards $CA) par échange d'actions. Il reprendra aussi à son compte 20 milliards $US (31,5 milliards $CA) de dettes cumulées par AT&T ainsi que 5 milliards de titres convertibles AT&T détenus par Microsoft.

Comcast, à l'origine une petite entreprise familiale de Philadelphie devenue No 3 de la télévision par câble aux États-Unis, sort ainsi vainqueur d'une lutte au sommet.

Ses rivaux étaient AOL Time Warner, No 2 du câble (13 millions d'abonnés), et Cox (6 millions). Le géant mondial des logiciels Microsoft s'en est aussi mêlé, soutenant les offres de Comcast et Cox pour mieux barrer la route d'AOL Time Warner.

Le câble, véritable pipeline, permet de vendre à des millions de consommateurs des programmes de télévision, mais aussi l'accès Internet à haut débit, un domaine convoité tout autant par AOL que Microsoft.

La fusion de Comcast et AT&T Broadband va donner naissance à une compagnie, AT&T Comcast, représentant un chiffre d'affaires de 19 milliards $US (30 milliards $CA).

Elle distancera de loin tous ses concurrents, dans le câble comme le satellite, même si le projet de fusion entre les deux leaders américains de la télévision par satellite, DirectTV et EchoStar, aboutit.

Les géants de «contenu», comme Vivendi Universal, Disney et News Corp de Robert Murdoch, vont donc devoir redoubler d'efforts pour négocier la distribution de leurs programmes via ce méga-pipeline.

Pour Comcast — qui compte près de 8 millions d'abonnés face aux 15 millions d'AT&T Broadband — la victoire est d'autant plus spectaculaire qu'elle avait échoué au même endroit quelques mois plus tôt.

En juillet 2001, Comcast a lancé une offre hostile sur AT&T Broadband pour 40 milliards $US (63 miliards $CA) par actions, prenant au dépourvu la direction d'AT&T avec laquelle elle avait discuté en coulisses d'une possible alliance.

AT&T a alors rejeté l'offre de Comcast, la jugeant insuffisante, mais a accepté d'engager des discussions avec d'autres acquéreurs potentiels et de dialoguer avec Comcast sur une autre base.

AT&T et Comcast espèrent désormais boucler l'opération à la fin 2002, sous réserve du feu vert des autorités de la concurrence, une étape qui ne s'annonce pas trop difficile, selon les experts.

Le PDG d'AT&T, Michael Armstrong, 63 ans, furieux après l'offre hostile de Comcast, va quitter ses fonctions... pour devenir président du conseil d'administration d'AT&T Comcast. Le PDG de Comcast, Brian Roberts, 42 ans, gardera son titre dans la nouvelle entité.

Selon les termes de l'accord, les actionnaires d'AT&T recevront 0,34 action de Comcast pour chaque action AT&T.

Ils possèderont 56% du capital et 66% des droits de vote de la nouvelle entité. La famille Roberts contrôlera le reste des droits de vote, soit un tiers. La première offre de Comcast avait achoppé notamment sur cette question.

Microsoft va de son côté convertir les 5 milliards $US qu'il avait prêtés à AT&T en une participation dans Comcast AT&T. «Cela fait 5 milliards de dettes en moins», s'est félicité Brian Roberts.

Copyright © 2001 AFP








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