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Internet à la rescousse de la reconstruction afghane

Canoë 
19/12/2001 11h27 

Internet à la rescousse de la reconstruction afghane
 

(AFP) — La reconstruction de l'Afghanistan, toujours en guerre, passe aussi désormais par Internet, grâce à un site créé par des exilés afghans qui vivent dans la Silicon Valley en Californie.

Virtual Nation est un lien crucial entre des organisations cherchant à lancer des programmes en Afghanistan et des milliers d'expatriés afghans disséminés aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Allemagne qui veulent participer au processus de reconstruction.

Pour une majorité d'Afghans qui ont fui leur pays au début des années 80 après l'invasion soviétique, la guerre menée par les Américains contre Oussama ben Laden et le régime taliban leur a donné l'espoir que la stabilité pourrait enfin revenir dans leur pays après deux décennies de guerre.

Vaus Aslaun, 28 ans, PDG et fondateur de Virtual Nation, fait partie d'un groupe d'exilés afghans déterminés à faire partie de l'effort de reconstruction.

«On ne retournera pas à la situation antérieure. Le pays est comme un nouveau-né maintenant. La bataille maintenant consiste à savoir qui seront les parents et combien de parents il va avoir», déclare M. Aslaun à propos de l'après-guerre en Afghanistan.

Virtual Nation est présentée comme un portail pour les membres de la diaspora afghane désireux de contribuer à la recontruction de leur pays.

En collaboration avec cinq ONG afghanes et des organisations comme la Banque Mondiale, Virtual Nation rassemble une banque de données dans les domaines de la construction, de l'éducation, des télécommunications, de la santé et de la finance.

«L'Afghanistan manque énormément de ressources humaines et de connaissances techniques», estime Afzal Rashid, membre du conseil d'administration de l'Association de développement de l'Afghanistan (ADA), la plus grande ONG d'Afghanistan.

«Virtual Nation va être très utile. La seule façon parvenir à un pays et une stabilité durables en Afghanistan, outre un soutien des gouvernements, est d'avoir une société civile forte», ajoute-t-il.

La société a été lancée en 1999 par quelques Afghans cherchant surtout à préserver leur langue et culture via un site internet. Son intérêt a décuplé, y compris au sein de la communauté afghane locale, après les attentats du 11 septembre.

Opérant sous la devise «communauté, culture, compassion», le site a pris un autre sens pour les Afghans.

«Après 24 ans de guerre, personne ne savait quoi faire», souligne M. Aslaun. «C'était comme appeler au secours dans le désert, mais personne n'était là pour l'entendre. L'intérêt nouveau porté par les États-Unis à la question a relancé l'espoir parce que les projecteurs sont braqués sur le coeur de l'Asie».

Le nombre précis d'Afghans aux États-Unis est inconnu, le dernier recensement ne prenant plus en compte l'origine ethnique. La Coalition afghane basée en Californie estime leur nombre à 300 000. À San Francisco, où la plus grande communauté d'Afghans est recensée, ils seraient de 30 000 à 40 000.

Selon une étude du site Internet, 80% des quelque 200 Afghans à avoir répondu à des questions affirment avoir l'intention de regagner leur pays.

«En réalité, ils ne devraient être que 30%», estime M. Aslaun. «Ces gens ne font pas que parler, ils agissent aussi. Environ 30% d'entre eux se sont investis dans quelque chose» pour leur pays.








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