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Avec Internet, la menace pédophile est plus sournoise

Canoë 
19/12/2001 11h16 - Mise à jour 19/12/2001 11h44

Avec Internet, la menace pédophile est plus sournoise
 

(AFP) — La menace pédophile est devenue plus diffuse et sournoise, avec le développement accéléré d'Internet et de la téléphonie mobile ces cinq dernières années, les criminels pouvant passer facilement inaperçus, ont estimé des experts réunis à Yokohama mardi.

Les enfants occidentaux ne sont pas à l'abri des pervers qui utilisent souvent «chat rooms» et autres groupes de discussions pour prendre contact avec eux, en prétendant être du même âge ou avoir des centres d'intérêt similaires, selon plusieurs témoignages recueillis en marge du deuxième congrès mondial contre l'exploitation commerciale sexuelle des enfants à Yokohama, près de Tokyo.

Jeane Elise Parlee, directrice de l'organisation Save the Children au Canada a raconté comment sa propre fille de 13 ans s'est retrouvée prise au piège l'année dernière. «Elle consultait souvent les salles de discussion, elle se sentait un peu seule, elle venait de perdre sa grand-mère et un jour je suis rentrée à la maison et je ne l'ai pas trouvée», a raconté Mme Parlee.

Après quelques heures d'angoisse, elle a retrouvé la fugueuse grâce à un gros retrait par carte de crédit effectué par l'adolescente pour prendre un autobus.

«Son contact Internet, un garçon de 15 ans, lui proposait de venir vivre avec lui et elle allait faire 32OO km pour le rejoindre», a ajouté Mme Parlee. Selon elle, les parents doivent recommander à leur progéniture de faire autant attention quand ils surfent sur Internet que lorsqu'ils traversent une rue ou qu'on leur propose de la drogue.

«Internet est un magnifique terrain de jeu pour les pédophiles. Ils n'ont pas besoin de quitter leur domicile et d'aller au parc: ils se sentent anonymes, peuvent entretenir des contacts avec d'autres personnes ayant les mêmes perversions, cela leur offre beaucoup d'opportunités de contacts avec des enfants», a déploré Nigel Williams, directeur exécutif de Childnet International, une organisation non gouvernementale britannique.

La pornographie enfantine ne prend pas seulement la forme de sites webs en hausse exponentielle, de «chats rooms» facilement accessibles depuis Yahoo, MSN ou AOL.

Elle utilise tous les canaux possibles et notamment les systèmes de transmission directe de messages et musique d'ordinateur à ordinateur (Napster, Morpheus...), les téléphones portables (parfois envoyés aux enfants par les pédophiles à l'insu de leurs parents) ou les messages courts SMS.

«Depuis la première conférence contre l'exploitation des enfants à Stockholm en 1996, la pornographie enfantine via Internet ou assimilés a augmenté en proportion gigantesque au rythme de la progression du Net puisqu'on n'avait alors 30 millions d'internautes contre environ 500 millions maintenant», a indiqué John Carr, responsable d'ECPAT pour les technologies.

Il a cité l'exemple de la police de Manchester qui en 1996 avait saisi seulement 12 images et vidéo de pornographie enfantine en une année alors qu'en 1999, le même bureau en a découvert 41 000 venant presque toutes d'Internet.

Certains pays ont fait des efforts: ainsi le Japon, très laxiste auparavant, a adopté en 1999 une loi introduisant pour la première fois des sanctions pénales pour les cas de pornographie et prostitution enfantine.

«Avant cette loi, le Japon était le numéro un mondial pour la production de sites Webs de pornographie enfantine. Maintenant, ils ont presque disparu et les États-Unis sont numéro un devant la Russie, la Chine, Chypre, Taïwan», a expliqué M. Carr.

Sur le plan technique, la lutte contre la cyber-pornographie enfantine est très difficile car les criminels savent prendre de fausses adresses email, coder leurs photos, selon M. Carr.

La Grande-Bretagne et Interpol mettent au point un logiciel pour traquer les images numériques «qui ont une signature unique» pour permettre à la police de déterminer face à diverses photos, celles correspondant à un nouveau cas d'abus.

Cela permettrait d'accélérer les recherches d'enfants, selon M. Carr, qui a souligné qu'un réseau mondial démantelé ces dernières années (Club Wonderland) avait une collection de 750 000 photos d'un total de 1263 enfants différents.

En Allemagne, la police de Munich s'active, selon M. Carr, autour du système Perkeo, une sorte de «robot-tueur virtuel» capable de chercher des images d'enfants sur le net et de les détruire.








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