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Les sites Internet de la presse victimes de la chute du marché publicitaire

Canoë 
17/12/2001 10h34 - Mise à jour 17/12/2001 10h36

(AFP) — Les sites Internet des journaux sont les premières victimes de l'effondrement du marché publicitaire: après Libération et Le Parisien qui ont réduit de moitié les effectifs de leurs sites il y a quelques semaines, Le Figaro a mis le sien en sommeil jeudi.

Conçus pour la plupart en pleine euphorie de la net-économie, les modèles économiques reposaient sur une manne publicitaire qui relève aujourd'hui du mirage. Faute de mieux, la plupart des bannières étaient occupées ces derniers mois par des messages d'autopromotion avant que Noël ne vienne relancer la machine économique.

À Libération tout comme au Parisien et au Figaro, l'heure est à la gestion des plans sociaux.

Le Figaro ne devrait conserver que trois ou quatre postes sur la trentaine que comptait son site Internet, condamné à n'être plus qu'une vitrine. Ses confrères ont ramené les effectifs de leurs éditions électroniques à une dizaines de personnes contre le double auparavant.

leparisien.com entend cependant maintenir l'offre et l'apparence de son site par «une automatisation plus poussée du traitement des informations».

Quant à Libération, il cherche encore sa voie sur le Web avec, comme première inflexion visible, les archives en ligne payantes depuis quelques jours.

Qu'ils ferment leur site ou réduisent simplement la voilure, les journaux sont en quête de nouveaux modèles de financement viables et de ressources diversifiées.

L'objectif est simple: élargir l'offre payante au-delà de la traditionnelle vente d'archives. Parmi les pistes, l'une semble prometteuse, le formatage des informations d'un journal pour les besoins particuliers d'une entreprise, d'une administration, d'une collectivité locale, etc.

Ce sera l'an prochain l'un des objectifs stratégiques du Monde Interactif, qui emploie 55 personnes. «C'est un vrai marché qui s'est développé de façon inespérée en 2001», assure Bruno Patino, son directeur général.

Le site Internet du Monde, deuxième site média derrière TF1, se veut une exception dans le marasme ambiant. «Nous ne sommes pas en crise, nous terminons même l'année dans une situation inespérée avec 5,6 millions de visites par mois contre 1,6 à 1,8 il y a un an», souligne-t-il.

«Notre ambition est intacte, il est hors de question que le premier quotidien francophone ne soit pas aussi le premier site francophone», renchérit Jean-Marie Colombani, président du directoire du journal. «Le bénéfice d'audience du site Internet est évident, les bénéfices commerciaux viendront plus tard», augure-t-il.

La stratégie du Monde rejoint celle du quotidien économique La Tribune qui diffuse d'ores et déjà ses informations sur les intranet d'une cinquantaine d'entreprises dont La Poste, EDF ou la Banque Populaire.

Son directeur multimédia, Emmanuel Cacheux, relève que la prudence des premiers temps est aujourd'hui payante. Le site latribune.fr n'emploie que 14 personnes et compte bien atteindre l'équilibre en 2002.

«Le recul de l'espace publicitaire a été compensé par la vente de contenu destinés aux intranet d'entreprises», observe Emmanuel Cacheux même s'il souligne que la vente de contenu est naturellement beaucoup plus facile pour les quotidiens spécialisés.

L'an dernier, la publicité représentait 80% du chiffre d'affaires de latribune.fr et la vente de contenu 10%, explique-t-il. Cette année, la pub n'en représente plus que 60% et la vente de contenu 30%.








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